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 D'amour et de sang [PV]

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MessageSujet: D'amour et de sang [PV]   Dim 7 Oct - 19:25

    Une ruelle sombre, le silence que je recherchais. Le son délicieux du déclencheur de l’appareil photo me fit du bien, un son aussi familier que connu, dompté par moi et moi seule. Un œil fermé, l’esprit concentré, je fixais ce paysage bétonné et attristé par un décor de brume et d’horreur. Tout suggérait la violence, l’horreur, le morose et le triste qui habitaient l’esprit de tous les habitants de ce quartier glauque. C’était exactement ce que je recherchais, cette image glaçante jusqu’aux os qui insérait une sensation de mal-être dans quiconque la regarderait. Si tant est que quelqu’un la regarde un jour. J’eus un sourire ironique, entendit le déclic, puis remit l’appareil photo en place dans l’éternelle besace cuirassée que je trainais partout avec moi. Puis me retournai, en silence, et quittait cette rue dans laquelle régnait une ambiance mortelle. En avant pour des quartiers un brin plus vivants. Ca me prendrait un quart d’heure de marche tout au plus, c’était la seule destination que j’avais de la journée, sans même savoir ce que j’y ferais. Je marchais, j’errais dans les rues de Rosewood à la façon d’un fantôme, comme une âme en peine ; sans que jamais personne ne le remarque. Ils étaient de toute façon trop occupés dans leurs petites affaires, sur leurs téléphones, à communiquer avec leurs mondes virtuels, effectuant des transactions en une fraction de secondes. Ils étaient absorbés et me faisaient rires. Cette façade inhumaine qu’ils affichaient tous les jours ne me trompaient pas, je voyais les moutons effrayés qu’ils étaient, si sages et obéissants aux foutues lois qu’on leur imposait. Franchement, de mon point de vue, il s’agissait de diktats purs et simples.

    Assise sur un banc au milieu d’un semblant de parc, encadrée de buildings qu’un Godzilla en colère aurait démoli d’une pichenette, j’observais les gens, mon appareil photo ressorti, viseur pointé comme une arme sur toutes les silhouettes aliénées qui passaient par là sans même s’en rendre compte. Je prenais leurs silhouettes en photo, les emprisonnant dans l’immobilité, ces personnes toujours trop pressées. Je passais bien une heure assise là quand deux mains se posèrent sur mes épaules, puis une sorte de grondement animal ronronna à mon oreille. Je me retournais, sourire aux lèvres et découvrit le visage de Tyler. Tyler, c’était mon meilleur ami, notamment grâce au fait que ce soit un des seuls hommes que la Louve laissait m’approcher sans me donner des idées de meurtres. Ca aide. Sans dire un mot, comme à son habitude, il me toisa, me fit tourner sur moi-même et examina mon visage avec un air de scientifique qui m’aurait donné la nausée en temps normal, avant de finalement m’asséner une monstrueuse tape à l’épaule qui me donna l’impression de perdre un os au passage :

    Ca va, t’as bonne mine !
    C’est pas en me frappant de la sorte que tu vas me garder en vie très longtemps, j’te ferais remarquer, grommelais-je en lui lançant un sourire amusé. Où en sont Kat et Timmy ?
    Bientôt là, ils quittaient leur résidence quand je suis parti. T’es prête pour notre grande soirée ?

    Leur grande soirée, c’était une espèce de surprise que toute cette bande de décérébrés de première me concoctait depuis des semaines sans jamais accepter de m’expliquer, une sorte de grande pièce de théâtre, une grande connerie où que je sais-je encore. J’avais passé des heures à me torturer les neurones en essayant de deviner, mais quand on est comme moi et qu’on passe son temps avec trois personnes aussi mentalement instables que moi, ce n’est pas très simple de deviner leurs pensées. Tyler avait tout de l’américain qui fait fantasmer toutes les jeunes filles, brun aux yeux verts, un corps d’athlète, une bonne tête et une passion pour les conneries toujours plus fantasques qu’on puisse imaginer. Discutant de rien et de tout, on attendit une demi-heure que Kat et Timmy nous rejoignent enfin, mais ils ne semblaient pas vouloir pointer le bout de leur nez. Je ne m’inquiétais pas pour eux, ils avaient beau ne pas savoir se défendre, ils avaient un don inouï pour fuir ; très efficace croyez-moi. L’appareil photo pointé vers Tyler, je pris son visage sous différents angles, jouant avec les ombres sur sa peau tannée, saisissant sur chaque image une différente partie de son visage. Il détestait littéralement que je fasse ça. Bien sûr, ça me donnait une raison de plus de l’emmerder. Une folle comme moi ne se laisse pas facilement dompter et mener du bout de la laisse, j’emmerdais les gens, j’aimais faire ressortir ce qu’il y avait de plus noir chez eux en les poussant à bout, sans jamais être cruelle, mais en leur torturant l’esprit, en agissant parfaitement normalement, à savoir de manière inconsidérée. Mon normal à moi était quelque chose de décousu, un patchwork d’émotions, des confettis de sang qui s’évanouissaient dans l’obscurité, et c’était quelque chose que les gens ne pouvaient pas supporter.

    Bon, tant pis pour eux, on bouge.
    Tyler, tu connais Kat. Si elle croit qu’on lui fait faux bond, elle va nous arracher les yeux à la petite cuillère.
    Dans ce cas, lança-t-il sournoisement, je sais que je peux te faire confiance pour la réduire en chaire à pâtée.
    On rit. Il me fit monter à l’avant de sa voiture, refusant inlassablement de me donner le moindre indice sur ce qui se tramait. Les surprises, je n’aimais pas ; et il le savait pertinemment. Les surprises, c’était l’ombre de cette main qui ouvrait silencieusement la porte de ma chambre, laissant entrer un fin rayon de lumière qui s’évanouissait rapidement, emportant avec lui le peu de joie de vivre qui me restait. Les surprises, c’était la trahison et ceux que j’aimais qui s’en allaient, me laissaient, ou tout simplement me plantaient un couteau dans le dos, balayant d’un soupire toutes les promesses qui m’avaient été faites. Même si Tyler ne le savait pas, il le devinait. Je ne pense pas qu’il ait été trop dur pour lui de comprendre que j’avais mes fantômes, mes hantises, bref que je n’étais pas normal. Il n’a jamais rien demandé pour autant, il est toujours resté, m’acceptant comme je suis et ne voulant pas en savoir plus si je ne voulais pas en parler.

    On est arrivés.
    Je regardais autour de nous. Je connaissais ce quartier, cette petite épicerie si bien entretenue, avec son insigne bleu clignotant. Je reconnaissais chacun des graffitis sur les murs cernant les propriétés des habitants du quartier. Tyler s’arrêta, me laissant descendre de la voiture. Je fis un pas hésitant en avant et effleurait le mur à ma droite du bout des doigts. Louve gronda, je tressaillis. Je savais qu’à quelques dizaines de mètres de là, Uriel était sûrement chez nous. Enfin, chez lui, depuis que j’avais quitté en claquant la porte, souhaitant laisser derrière moi qu’un énorme chaos et des ennuis tout aussi important.
    Tyler, on est…
    Ouaip, poupée…

    L’entrepôt où Uriel avait tenté de me tuer, lors de notre première rencontre. Là où toute notre histoire, malsaine, violente, d’amour autant que de sang et de haine, avait commencé. Je regardais les murs sinistres de la bâtisse non sans un certain mal-être, une sensation étrange. Il me regardait avec un sourire, comme si il me donnait une occasion de prendre un nouveau départ.

    ***

    Ils étaient fous. En entrant dans l’entrepôt, la première chose qui choquait, c’était ces battements sourds, le rythme insensé de la musique diffusée. A l’intérieur, c’était le chaos. Des corps qui se tordaient les uns contre les autres, des silhouettes que je ne pouvais reconnaître, des silhouettes de personnes que je ne connaissais pas. La vision était cauchemardesque, on distinguait leurs mouvements entre des flashs éblouissants, on entendait les cris, on sentait l’odeur de l’alcool, de la transpiration qui s’emmêlaient les uns aux autres. D’abord, je me demandais ce qui avait bien pu passer par la tête mes amis. Puis je regardais encore un peu, glissant mes doigts entre les poils rêches de Louve, qui regardait ce spectacle incongru sûrement aussi perplexe que moi. Puis je les vis, ces ombres moins mobiles, dérangeantes. Il m’avait fallu du temps pour distinguer les tâches noires contre le mur des personnes dansant comme des possédés dans l’usine, mais j’en fus rapidement persuadée : Tyler, Kat et Timmy avaient passé les dernières semaines à dupliquer chacune des photographies que j’entreposais dans l’atelier dans la cave de mon immeuble, puis à les coller sur les murs de l’usine. Le résultat était saisissant, on aurait dit qu’une infinité de personnes se déhanchaient de manière presque cadavérique, à l’image des zombies dans les films d’horreur actuels, on ne distinguait plus les murs de la masse humaine, on avait l’impression d’être dans un espace infiniment grand, rempli de ces danseurs semblants tous plus épileptiques les uns que les autres. La photographie avait beau être ma passion, je ne montrais mes clichés à personne depuis qu’Uriel m’avait trahie. C’était mon monde de ténèbres et j’y régnais en maître, le regard que les autres auraient pu porter dessus m’auraient ôté de ce monopole. Je voulais être maîtresse de ce que je faisais, mais ils en avaient décidé autrement.

    Alors, qu’est-ce que tu en penses ?
    Vous êtes… des grands malades. Ce fut la seule chose que je fus capable d’articuler entre deux battements de coeur.

    ***


    Un éclat de rire, une porte qui se claque. Talons à la main, robe fendue et fatiguée, j’entends le doux son de la clef qui tourne dans la serrure de l’appartement. Je n’entre pas encore, je préfère profiter du courant d’air frais qui vient de la lucarne au fond du couloir tandis que la voix plus qu’éméchée de Kat profère des déclarations d’amour à mon égard, comme si elle voulait qu’on puisse l’entendre jusque sur la Lune. Puis j’entrais, lâchant la vieille veste que Tyler m’avait passée sur le sol. J’allumais la lumière de la cuisine, prit un verre que je remplis d’eau. Je me retournais, m’appuyant sur le plan de travail et regardais le petit appartement que j’avais difficilement trouvé.
    Puis recrachais la totalité de l’eau.

    Uriel.

    Là, sur le canapé, allongé, endormi ou inconscient, je n’arrivais pas savoir. Je ne voulais pas savoir. La Louve hurla, montra les crocs. Je sentis mon corps défaillir, me rattrapant de justesse au bord du plan de travail. D’abord il y eut de la frayeur. Puis une haine incommensurable, impossible à définir. Je sentais comme des pics à glace plonger dans tous les pores de ma peau, mes cheveux se dressaient sur ma tête. Je l’ai regardé une ou deux secondes, sans réussir à bouger. Soudainement, ce moment de stupeur totale disparut. Un sentiment de calme total s’empara de moi, sans que je ne puisse même lutter. Je savais exactement ce que je devais faire. Je me retournais tranquillement, prit une des bassines dans un placard sous l’évier que je remplis d’eau glacée. Quelques glaçons pour faire bonne figure puis je contournais la petite table, me plaçant devant Uriel. Je contemplais son visage un instant, si calme, paisible. Ca me rappela un vague instant cette époque à laquelle on vivait ensemble, mais j’effaçais ce souvenir en une fraction de secondes tandis que je renversais d’une façon terriblement stoïque toute l’eau glacée droit sur son visage. Je jetais la bassine dans un coin, puis saisit Uriel directement par le col, le redressant violemment, une lueur de haine et de violence dansant dans mon regard, pointant un couteau de cuisine droit sur sa jugulaire, prête à la tuer si j’avais ne serait-ce qu’un faux mouvement.

    Je t’avais dit que je ne voulais plus jamais te revoir, alors est-ce que tu veux bien m’EXPLIQUER CE QUE TU FOUS CHEZ MOI ?


Dernière édition par Melany Kitts le Mar 9 Oct - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'amour et de sang [PV]   Dim 7 Oct - 22:50

Tellement de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il avait vu Melany qu'il n'en connaissait pas même la durée exacte. Quoi qu'il arrive cela faisait trop de temps. Il en savait plus qui il était depuis qu'il l'avait perdue. Chaque jour il allait à l'hôpital aider les médecins à sauver des vies. Le métier d'infirmier était ingrat mais cela en l'avait pas dérangé. Avant il en s'agissait que d'une couverture, il était Uriel Jones, un tueur en série recherché sur qui la police n'arrivait pas à mettre la main. Uriel Jones qui traquait de belles brunes, des mères indignes, des ivrognes, des mères violentes, toutes celles là il prenait plaisir à les tuer. Melany était venue tout chambouler. Elle était celle qu'il désirait le plus ardemment tuer et pourtant il en pouvait se résoudre à lui ôter la vie. Il ressentait pour elle ce qu'un cœur de pierre comme le sien pouvait ressentir de plus fort. Elle éveillait en lui l'Uriel qu'il était il y a de bien nombreuses années. Un enfant qui vivait dans un monde d'horreurs mais qui avait finit par se replier sur lui même pour fuir sa réalité. Fuir ce qu'il avait subit et fuir ce qu'il avait fait.

Ce matin là il perdirent une jeune patiente. Une jeune femme qui s'était fait renverser par une voiture comme cet enfant qu'Uriel avait secouru le jour où il avait rencontré Melany. L'enfant de la jeune femme pleurait sa mère, un gamin de dix ans. La chevelure sombre de la défunte cascadait hors du draps dont ont l'avait recouverte. On aurait presque pu croire qu'elle était juste cachée là, encore en vie, si ce n'était par le sang qui maculait le draps au niveau de son abdomen. Elle avait perdu trop de sang, ses intestins étaient en charpie. Sans compter les nombreuses fractures qu'elle avait subi. Pourtant son visage n'avait pas subit trop de dommages étonnamment. Elle était là, elle agonisait, perdait son sang, et pourtant son visage conservait une beauté éclatante. Lorsque la vie l'eut quitté et que l'expression de souffrance la quitta enfin, elle ressemblait à une princesse endormie, sauf qu'elle en l'était pas. Le médecin annonça l'heure de la mort et Uriel prit l'initiative de la recouvrir, effleurant au passage la peau de son visage, encore tiède.

Uriel songeait à nouveau à Melany à présent. Les souvenirs occupaient son esprit tandis qu'il rentrait chez lui. La foule qui emplissait les rues de Rosewood en l'affectait pas plus que si les rues avaient été vides. Il en remarquait même pas les belles filles, autant de potentielles victimes, qui passaient près de lui. Mal rasé, il en prenait même plus la peine de faire semblant d'être celui qu'il n'était pas. Il souriait toujours aux gens, leurs parlait gentillement, mais il avait plus de mal qu'au par avant. Et puis on lui demandait souvent pourquoi il était triste. Triste? Non, Uriel était un sociopathe dénué de sentiments. C'était ainsi, son cœur en ressentait rien, excepté quand il tuait. C'était d'ailleurs cette recherche de sensations qui l'amenaient à tuer encore et encore. Mais Melany... pour elle il avait sentit quelque chose. Il en s'expliquait pas comment cela se faisait, c'était spécial, étrange, mais fabuleux. Mais il l'avait perdue, et le sentiment était partit avec elle. Même tuer en lui procurait plus aucun plaisir. Le meurtre n'avait plus aucune saveur. Non il n'était pas triste. Vide serait un adjectif plus correct. Il continuait de se lever chaque matin pour aller au boulot, s'enfermait dans une routine qui en lui apportait rien. Le WE il restait enfermé chez lui, sortait quelque fois au bar enchainer les verres de whisky, lorsque les souvenirs de ce qu'il avait perdu se faisaient trop insupportables. Oui il avait tout perdu, et tout ça parce qu'il avait eu la bêtise de visiter l'entrecuisse d'une garce. Ce soir là il avait beaucoup bu, c'était d'ailleurs une des premières fois qu'il buvait autant depuis des années. Il n'avait été qu'un imbécile, mais il avait eu ce qu'il méritait.

La jeune morte continuait d'éveiller en lui trop de souvenirs de cette vie passée. Il faisait les cents pas dans son appartement, ne tenait pas en place. Trop de souvenirs, trop de vide, il avait besoin de se remémorer, de revivre ce qu'il avait vécu.
***


L'entrepôt se dressait devant lui. Celui où il avait amené Melany pour leur premier rendez-vous. Celui qui était censé être le dernier. Il avait prévu de la tuer ici même, mais à l'époque il n'y avait personnes aux alentours. Ce n'était qu'une épave de bâtiment, silencieux, poussiéreux, il n'y avait même pas d'épicerie à cet endroit là. Un bon endroit où tuer en somme. Mais il n'avait pas pu s'y résoudre. Il porta la bouteille de Jack Daniels à sa bouche et bu une longue gorgée. La chaleur empli sa gorge tandis que l'alcool lui faisait légèrement tourner la tête. Ce n'était pas la première bouteille qu'il ouvrait ce soir. Une musique entêtante et des lumières aveuglantes sortaient de l'etrepôt désaffecté. Qu'est-ce qui se tramait à l'intérieur ? Il s'en foutait éperdument. Ils profanaient le lieu où Melany et lui avaient commencé à réellement se connaître. Le lieu où il avait découvert qu'elle était ce qu'il avait tant cherché. Il ne saurait expliquer en détail ce qu'elle était pour lui. Mais il se sentait lié à elle et ce lien avait de grandes chance de ne jamais se rompre, du moins jusqu'à ce que la douleur et la mélancolie finissent de le consumer.

Une voix, un rire, il tourna la tête et elle était là. Un homme souriait à ses côtés et elle lui souriait en retour. Uriel recula, se cachant derrière un groupe de personnes qui fumaient tranquillement sur le bord de la route. Elle était là, elle revenait sur le lieu de leur rencontre. Est-ce que cela ne lui faisait rien ? Est-ce qu'elle avait totalement oublié ce qui s'y était passé ? Uriel était en colère, mais il sentit également une violente douleur prendre d'assaut son cœur.
***


Un vague d'eau glacée s'abattit sur lui, puis on le souleva et il sentit quelque chose piquer douloureusement son cou. Il entendis une voix familière, rassurante, s'adresser à lui. Le ton avait beau être menaçant il sentit un sentiment de joie monter en lui. En réalité toute une myriade de sentiments l'envahirent comme cela ne lui arrivait pas depuis longtemps. Il n'était plus vide, elle était là. Était-elle là ? Il se passa une main sur le visage afin de chasser l'eau qui ruisselaient de ses cheveux. Il était trempé et imbibé, non pas d'eau mais d'alcool. Il n'avait aucune idée de où il était et ses idées étaient loin d'êtres claires. Sa vision était trop flou pour qu'il parvienne à identifier les lieux. Il voulu jeter un regard circulaire à la pièce dans une tentative de retrouver où il pouvait bien être, mais la lame du couteau appuyé contre sa carotide le rappela à l'ordre si bien qu'il se concentra plutôt dans l'identification de la personne qui se tenait devant lui.

Des cheveux brun, une peau pâle mais parfaite. Et puis ces yeux francs, directs, mordeurs comme des serpents. Cette mâchoire qu'il s'était plu à caresser du bout des doigts tandis qu'elle était profondément plongée dans son sommeil. Un sourire bête apparu sur le visage d'Uriel. Elle avait beau lui lancer un regard haineux, il était heureux de la revoir enfin, d'être proche d'elle. Il n'avait qu'une envie, la prendre dans ses bras. D'un geste rapide il s'empara du poignet qui tenait le couteau et d'une forte pression il l'obligea à se tourner pour mieux la serrer contre lui. Elle était dos à lui, l'une de ses mains emprisonnant encore le bras qui tenait le couteau, l'autre bras la tenant fermement contre lui. Trop ivre pour se rendre compte de ce qu'il faisait, la seule chose qui comptait pour lui en et instant était de la sentir à nouveau dans ses bras. Des mèches brunes lui effleuraient le visage. Ses cheveux avaient toujours cette même odeur si particulière qu'il aimait tant. Leur couleur lui réchauffait le cœur. Il la serra encore un peu plus contre lui puis...contre toute attente....fondit en larmes.

Uriel avait un cœur de pierre, il n'était pas habitué à ressentir des choses. La joie, la tristesse, l'amour, la colère, l'impatience, tout cela était banni de son monde à lui. Il ne connaissait que le plaisir de tuer, rien d'autre. Et pourtant à cet instant là, subjugué par le parfum et la douceur de la peau de Melany, son cœur avait tout d'un coup recraché tous ces sentiments qui étaient habituellement terrés au plus profond de lui-même. Surement que s'il avait été sobre il n'en aurait rien été. Le rationnel prend toujours le dessus sur les sentiments chez les sociopathes tels que lui. Mais l'alcool avait fait taire son cerveau. Il ne réfléchissait pas, il ne faisait que ressentir. Ses jambes tremblèrent avant de céder, et Uriel entraina Melany dans sa chute. Ils étaient tous les deux assis par terre, Uriel avait relâché son emprise sur Melany bien qu'il l'entourait encore de ses bras sans force. Il avait envie de lui dire qu'il était désolé, qu'il avait été stupide. Un imbécile, un fou, un immonde salopard. Elle ne méritai aucunement ce qu'il lui avait fait, mais comme on dit on ne sait ce que l'on possède qu'une fois qu'on l'a perdu.

-...t'aime

Ce fut tout ce qui parvint à franchir ses lèvres. Il se sentait pathétique. Les larmes continuaient de rouler hors de ses yeux. Des larmes calmes que ne venaient agiter si sanglots ni soubresauts. Uriel pleurait calmement, une expression de profonde tristesse figée sur son visage. Les larmes se mêlaient à l'eau qui le recouvrait déjà, s'effilochaient au travers des poils qui recouvraient ses joues avant de se mêler aux cheveux de Melany qu'il étreignait encore dans ses bras.
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MessageSujet: Re: D'amour et de sang [PV]   Lun 8 Oct - 21:13

    Le sentiment de haine que je ressentais était incommensurable. Comment osait-il ? Comment osait-il venir ici, profaner ce petit havre de paix et de repos que je tentais vainement de reconstruire autour de moi ? Je ne pouvais pas, je ne pouvais décemment pas supporter toute cette déferlante de sentiments qui traversaient mon corps comme des éclairs lancés par une quelconque divinité jouant à un jeu des plus cruels. Je le haïssais, chaque parcelle de ce visage que je contemplais était cible de ma haine. Il y avait la douleur, aussi, m’écartelant comme un martyre bien que la comparaison paraisse bien sotte pour mon cas. Et cette douceur, plus violente, plus terrifiante que tout, cette sensation de manque que je sentais enfin se combler en moi. Uriel… Je ne saurais pas comment expliquer ce que je ressentais, une énorme douceur qui bataillait férocement contre une haine insensée. Pour la première fois, je ne savais plus du tout comment réagir. Mon instinct me hurlait de le prendre dans mes bras, mais la raison me hurlait que la seule et unique chose que j’avais à faire était de lui planter le cœur directement dans les entrailles et le remuer afin qu’il hurle de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il finisse par en abîmer ses cordes vocales. L’eau coulait le long de son visage après que je l’ai littéralement arrosé d’eau glacée, son visage stupéfait, ébahi, était à mourir de rire ; mais très honnêtement je n’étais pas franchement d’humeur à rire, plus maintenant que la personne que j’avais le plus envie de tuer était allongée comme une larve sur le canapé. J’attendis quelques secondes sa réponse, mais visiblement il n’avait pas franchement envie de m’expliquer pour quelle sinistre raison il se trouvait dans mon salon à deux heures du matin.

    Et pour preuve, il me sauta dessus en une fraction de seconde, preuve qu’il n’avait pas perdu de ses réflexes de psychopathe à la recherche de sa prochaine victime à laisser gisante dans un bain de sang. Mon poignet vira de côté, saisi par une poignée d’acier. Je pivotai sans comprendre comment, encore une spécificité d’Uriel et me retrouva étreinte contre lui. Je sentais son cœur battre démesurément dans mon dos et me rendis compte avec plaisir – et l’apprit avec rage – que j’étais soulagée qu’il ne pourrait pas sentir l’allure complètement démesurée de mon propre cœur. Merde… pourquoi est-ce que ça devait arriver maintenant ? Tout aujourd’hui ? Le retour dans l’entrepôt d’abord, puis Uriel qui se retrouvait dans mon salon. J’hallucinais littéralement, sous le choc de ce qu’il se passait. Puis il y eut ce moment ahurissant quand je sentis quelque chose coulant dans mon dos. Puis un sanglot. Je me retournais doucement, comme pour me préparer à regarder la chose la plus effrayant qui puisse être, puis vit la scène à laquelle je ne me serais pas attendue de toute mon existence. Uriel pleurait. Si j’avais du parier sur le retour des dinosaures avant qu’Uriel ne pleure devant moi, j’aurais sans doute perdu toutes mes maigres économies.

    Je le regardais, sans savoir quoi faire. Ma main remonta le long de sa tempe, récoltant les larmes sur le bout de mes doigts. Mon regard complètement plongé dans le sien, je me rendis compte que le silence était complet autour de nous, il n’y avait littéralement plus rien, juste son regard, sa peau sous mes doigts, puis les battements assourdissants de mon cœur qui semblaient ne vouloir qu’une seule et unique chose : faire entendre à tout l’immeuble à quel point je n’étais pas dans mon état normal. Je ne savais pas ; je ne savais plus rien. J’aurais pu l’embrasser, que sais-je encore, nos visages étaient si proches que j’aurais bel et bien put avoir cet infime mouvement qui m’aurait menée, une fois de plus, à ma perte. Brusquement, on bascula en arrière, je sentis ma tête heurter le coin de la table basse, grognant un juron « Bordel, mais qu’est-ce que tu fous ?! » en le repoussant loin de moi, rien que pour reprendre mon souffle, retrouver mes esprits de manière bien plus rapide. Me retrouvant le derrière posé sur le vieux tapis dissimulant les boursouflures du parquet vieilli par les années, je regardais Uriel, mes mains se crispant sur le couteau que j’avais toujours gardé en main. Mes doigts se crispèrent, sur la lame, encore, toujours plus fort à mesure que les grognements de la Louve, observant le manège, s’intensifiaient. Quand je finis par sentir la douleur, elle m’éveilla et me tira de ma torpeur. Je regardais ma main, le sang coulait le long de mon poignet, tombant dans un son désagréable sur le tapis. Ruiné, mais ça j’y penserais plus tard.

    … t’aime.

    La gifle partit toute seule, cinglante, dans un bruit sec et humide du fait du sang qui maculait désormais toute la partie droite de son visage tandis que son haleine alcoolisée m’atteignait de plein fouet. Je me redressais dans un bond, reculant de plusieurs pas, lâchant le couteau au sol. Me prenant la tête entre les mains, mon regard fuyant dans le salon sans rien voir. Mon cœur allait exploser, j’eus envie de hurler, de pleurer, de le frapper de toutes mes forces et de lui planter le couteau en plein dans le cœur, lui arracher les tripes, lui arracher les cordes vocales afin de l’empêcher de dire à nouveau une connerie telle que celle-ci, une horreur, une monstruosité… qui pourtant me réchauffait le cœur. Je ne me serais jamais douté que je puisse ressentir un tel bonheur à l’entendre prononcer ces mots. Comme si rien ne s’était jamais passé, comme si la situation était restée vraiment la même. J’arrivais à la cuisine, saisit la première chose qui me passai sous la main. Une monstrueuse casserole. Que je balançais aussitôt dans sa direction. Puis une poêle, suivie d’une planche à découper, puis le mixer, un vase à moitié détruit. Puis je me rendais compte que je hurlais, que j’avais tout bonnement et simplement les nerfs à vifs. Tandis que je lui lançais le hachoir qui alla se ficher dans le canapé à quelques centimètres de sa tête, je m’entendis hurler :

    Tu n’as pas le droit de me dire ça, Uriel ! Je t’interdis de venir ici et de me dire ça ! Et ivre en plus ! Tu croyais quoi ? Qu’avec un ou deux verres pour te foutre bien par terre, une déclaration douteuse en forçant mon appartement allait tout effacer ? Bordel, dans quel monde tu vis ?

    Je ne savais pas si j’étais plus furieuse contre lui ou moi-même, pour ma faiblesse et ce plaisir que j’avais à me retrouver enfin avec lui. Non, tous comptes faits, c’était lui le réel problème. Lui et sa désinvolture ! Est-ce qu’il pouvait seulement imaginer à quel point j’avais été meurtrie par sa trahison ? Est-ce qu’il pouvait imaginer le nombre d’heures passées à pleurer dans le coin d’appartement de Kat, quand elle avait gracieusement offert de m’héberger, le temps que je trouve un logement ? Il m’avait aidée à reconstruire la totalité de mon univers, tout, absolument tout du début à la fin, j’avais grandi grâce à lui, j’avais été faite femme dans ses bras et sous ses encouragements. Il était la principale composante de mon univers et avait tout balayé d’un coup de tête, d’un sourire pour cette fille, sept mois plus tôt. Et maintenant il osait revenir ici, et me dire qu’il m’aimait… Non, le mal était autre, c’était la trahison, un cœur saignant d’une blessure toujours plus profonde, qui s’aggravait tous les jours un peu plus. Il avait fait de moi un monstre. Faisant ressortir tous mes vices, mes défauts, ces envies de sang que je ne contrôlais plus. Et il m’avait abandonnée. S’il savait à quel point je l’aimais. A quel point démesuré, fou, je le haïssais pour ses actes. Il voulait que je le pardonne ? Je ne pensais pas que ça puisse arriver aussi facilement. Pas comme ça. Je savais que ça pouvait tout à fait arriver, mais ça n’aurait été qu’une preuve de faiblesse supplémentaire de ma part.

    Mon regard croisa le reflet de mon visage dans le miroir. Et je me vis telle que j’étais. Visage strillé de traces de mon propre sang, le regard brillant d’une lueur d’excitation haineuse, le teint pâle. Un animal sauvage. Je grondais puis me retournais en arrière, bondissant sur Uriel, le dominant de toute ma hauteur devinant que mon seul avantage résidait dans la quantité d’alcool qu’il avait ingurgitée dans la soirée. Puis tomba le premier coup de poing, un deuxième, puis encore, et encore. La pluie de coups dura peut-être une minutes ou deux jusqu’à ce que je reprenne la bassine dans les mains et lui assène un coup d’une grande violence sur le visage. Je frappais, encore et encore, toujours plus fort, avec toujours plus de haine, toujours plus de violence, l’empêchant de me rendre le moindre coup. Et frapper encore. Toujours plus de violence, mais jamais assez. Il n’y en avait jamais assez, tout ce que je voulais c’était le blesser autant qu’il m’avait blessée, mais je me demandais si c’était une chose réalisable compte tenu de nos histoires et de nos vies déchirées, meurtries et détruites par l’un ou l’autre, et par les inconnus, les amis, la famille que nous avions eus dans ce qu’il semblait être une autre vie. Je soupirais en lâchant enfin tout ce qui pouvait me servir pour frapper Uriel, mes mains blessées tombant sur le tapis. Agenouillée sur lui, regardant ce visage abîmé par la fatigue et les préparatifs d’une mémorable gueule de bois qui ne tarderait pas à pointer le bout de son nez, je haletais.

    Bordel, vous allez vous calmer, oui ? Vous avez vu l’heure qu’il est ?!!!
    Sanders, tu fermes ta gueule et dis à ta femme d’arrêter de ramener tous ses putains d’amants chez vous ! hurlai-je sur un ton hystérique sans même m’en rendre compte, preuve que mes nerfs n’étaient plus que des charges de C4 prêtes à exploser rien qu’en une simple fraction de seconde. Il aurait fallu une seconde, une seule, un millième de seconde pour que la dernière de mes barrières ne saute en un million d’éclats meurtriers et que je ne massacre tous les malheureux qui croiseraient ma route.

    La Louve n’était plus là. Elle avait disparu, volatilisée, ne nous laissant plus que tous les deux, seuls, désespérés, dans les larmes et dans le sang, à osciller entre une haine viscéral et un amour si vicié, tordu, torturé et précieux que personne sauf nous n’en avait voulu. Juste Uriel et moi. Le silence, le canapé ruiné par le hachoir, les débris tombant autour de nous, recréant un simulacre du chaos que nous nous étions si bien approprié depuis notre toute première rencontre. Plantant mon regard plus qu’amer et désireux de vengeance dans le sien, je m’étonnais du ton épuisé de ma voix, si las, fatigué, n’espérant plus rien, tandis que les larmes naissantes et filant sur mes joues accompagnaient le faible murmure de la question qui me hantait depuis sept mois :

    Pourquoi ?


Dernière édition par Melany Kitts le Mar 9 Oct - 22:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'amour et de sang [PV]   Mar 9 Oct - 15:31

Il croisa son regard. Ses yeux profonds brillaient de haine mais d'autre chose encore. Il entendait la louve gonder dans son expression haineuse. Il avait appris à reconnaître sa présence d'après les expression de Melany. Il vit venir la gifle mais ne chercha même pas à s'esquiver. Il la méritait cette gifle. Il méritait sa haine, sa colère, sa rancœur et bien plus encore. Rien ne saurait réparer la faute qu'il avait commise. Il avait trahit sa confiance, détruit ce qu'ils avaient construit ensembles et balayé d'un geste de la main leur avenir. N'avait-il épargné la jeune femme que pour lui infliger une souffrance encore pire? Il n'avait jamais regretté les meurtres et les sévices qu'il avait fait subir à ses victimes. Mais c'était bien du regret qu'il éprouvait à l'évocation de ce souvenir. De cette fille avec qui il avait trompé Melany. Pourquoi avait-il fait ça alors que Melany était tout ce qu'il pouvait désirer?

Elle criait mais Uriel entendait à peine ses cris. Elle partis en direction de la cuisine, cette pièce qu'il avait parcouru en arrivant, cherchant à connaître le nouvel univers de celle qu'il aimait. Elle commença à lui jeter des objets dessus mais la plupart ne l'atteignaient pas. Il restait là immobile, prêt à subit la colère de celle qu'il aimait. Un tranchoir vola vers lui découpant l'air dans un vromissement qui ne le fit pas même frémir. Ses yeux restaient vides, mais ses larmes s'étaient taries. Melany lui hurlait encore dessus et même s'il comprenait ce qu'elle lui disait, les accusations qu'elle lui livrait, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux qu'elle lui adresse la parole. Il leva les yeux vers elle, un regard franc chargé de toute l'intensité de ce qu'il ressentait, chargé de toute la force de ses sentiments envers elle. Elle fonça sur lui, la louve au fond de son regard montrant ses crocs. Et cette fois-ci les rôles s'inversèrent. Melany le frappait de toutes ses forces et lui la laissa faire. Trop ivre pour riposter, trop faible, ou peut-être acceptait-il seulement son sort. La jeune femme lui rappela une autre femme, des souvenirs depuis longtemps terrés au plus profond de lui-même. Puis elle attrapa une bouilloire et commença a lui asséner des coups avec elle encore et encore. Il leva les bras pour se protéger le visage, il voulais bien la laisser se défouler mais un traumatisme crânien non merci. Quand avait-elle acquit autant de force? Il ne pu s'empêcher de sourire, mais ses bras cachaient son visage et Melany ne le vit sans doute pas.

Un voisin eut le culot d'intervenir. Ne pouvait-il pas laisser les gens vivre leur vie en paix? Melany lui répondit, mordeuse comme une vipère défendant son nid. Mais la louve semblait l'avoir quittée. Elle semblait plus calme, plus sereine. Elle tomba à genoux face à lui, fragile et délicieuse. Il voyait ses yeux derrière ses mèches de cheveux qui brillaient de larmes qui ne tarderaient pas à couler. Il sentit son cœur se serrer, puis se remettre à battre très fort. Il avait la lèvre déchirée et un de ses yeux commençais à gonfler. Il l'admira un instant, elle lui semblait être plus belle que jamais. Il leva la main vers son visage, caressa du bout des doigts la ligne de sa mâchoire comme il s'était toujours plu à le faire. Sa mains descendit ensuite vers son cou, si fin, si prêt à se rompre. Ses doigts l'entourère, il pouvait presque faire le tenir d'une main tellement il était fin. Si fin et si fragile, il pourrait la tuer si facilement...

-Je n'ai absolument aucun sentiment Melany...

Un tremblement imperceptible le parcouru. Lorsqu'il leva les yeux vers elle ils étaient vides, comme s'il n'était pas vraiment présent. Mais peut-être était-ce juste l'alcool.

-Je ne sens rien mais je ne suis pas bête, je sais ce que je suis...un sociopathe. D'après la définition du terme je serais une personnes sans sentiments pour qui les gens seraient de simple objets. Et pourtant...

Pourtant Melany lui faisaient ressentir une myriade de sentiments, de sensations. Son cœur était vieux et poussiéreux, il n'était plus habitué à ressentir autant de choses. Elle le rendait fou, malade, encore plus qu'il ne l'était déjà. Ses doigts se resserrèrent autour de la gorge de la jeune femme, comprimant ses voies respiratoires.

-Tu es différente Melany, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas pu te tuer alors que je le désire si ardemment. Peut-être parce que je désire encore plus que tu reste en vie.

Il relâcha ses doigts, laissant retomber son bras. Non il ne pouvait `pas la tuer, il ne pourrait jamais. Il prit le couteau qui gisait à coté de lui, celui avec lequel elle l'avait menacé au début. Il prit la main de Melany, lui fit prendre le couteau et guida sa main de façon à poser la pointe du couteau sur sa carotide, tout comme elle l'avait fait quelques instant au part avant. Il était calme désormais, détendu. Il avait fait son choix.

-Je serait capable d'affronter la terre entière Melany. Une armée, un colosse ou même ces fantômes qui hantent la ville. Aucun d'eux ne me fait peur. Ce dont j'ai peur c'est du vide que je ressent lorsque tu n'est pas là. Ces derniers mois ont étés les pires de ma vie alors qu'il m'est arrivé de vivre des choses bien plus atroces. Avec toi j'ai pu gouter à nouveau à la joie au bonheur, à la colère, la haine, la jalousie... à l'amour. À tous ces sentiments dont je me suis vu privé. Je ne veux pas continuer à vivre sans toi Melany. Je ne peux strictement rien faire pour me faire pardonner, je ne peux pas revenir en arrière et changer ce que j'ai fait. Mais crois moi, je le ferais si je pouvais.

Il lâcha la main de Melany, lui laissant le soin de choisir ce qu'elle voulait faire. Elle pouvait le faire si elle voulait. Le tuer ici et maintenant. Lui trancher la carotide et recommencer sa vie sans regrets, sans qu'un malade comme lui hante ses pas. Si elle le voulait tout pouvait finir en cet instant même.

-Vas y, tue moi.
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MessageSujet: Re: D'amour et de sang [PV]   Mar 9 Oct - 22:33

    Il semblait ne pas vouloir rendre les coups, se soumettant avec une facilité déconcertante. Comme s’il voulait encaisser tous les coups que je pouvais lui asséner. Je ne comprenais pas, mais dieu seul sait à quel point je m’en fichais : je voulais simplement le réduire en un million de morceaux fragmentés qui ne cesseraient de se briser entre eux jusqu’à se réduire à la poussière. Est-ce qu’il m’écoutait seulement, tandis que je l’inondais de hurlements et reproches divers que je ne pouvais plus retenir plus longtemps ? Je ne pense pas, impossible de le savoir, c’est comme si il était ailleurs, comme si il vivait une scène différente, normale. Juste normale. Mais je n’allais pas le laisser se leurrer, si on se réconciliait après coup avec une facilité déconcertante, cette fois ferait exception à la règle. La faute commise avait été bien plus grave. Je me sentais tellement différente, tellement faible et forte à la fois, capable de lui résister et de ne pas fondre dans son regard si réconfortant en une fraction de seconde. Non, cette fois c’était différent. Plus qu’un simple cocufiage en bonne et due forme, il avait jeté par la fenêtre tous ces moments que nous avions passés ensemble, toute la souffrance que nous avions enduré ensemble, l’un pour l’autre, l’un par l’autre. Il avait brisé cet équilibre précaire d’un simple claquement de doigt, ce si fragile équilibre que je pensais lutter pour entretenir. Mais non, tous mes efforts, tous nos efforts avaient été réduits à néant. Comme ma compassion pour cet homme à qui ne souhaitait qu’une et seule chose, disparaître à jamais de mon existence.

    Mensonge.

    Le constat de la Louve vibra en moi comme un million de caresses qui envahissaient mon corps. Un mensonge pour dissimuler la terrible vérité, la vérité toute con, si laide et si belle à la fois. Je l’aimais à folie, terme ô combien adapté pour décrire notre histoire. Une folie. Je voulais qu’il soit là avec moi, comme avant. Mais je voulais changer l’histoire, le passé. Nous offrir une deuxième chance. Et je me haïssais de ne pas pouvoir modifier ce qui s’était passé. C’était aussi simple que ça. Etrangement, au contact de la main d’Uriel sur ma peau, je ne bougeais pas. Je la laissais explorer ma peau comme il l’avait fait si souvent auparavant, me nourrissant de ce peu de douceur qui m’était offert. Sa main se dirigea naturellement vers ma gorge, mon cou, un geste que je ne connaissais que trop bien, un geste qui annonçait tout bonnement que ses envies de me tuer faisaient encore surface. Mais je connaissais la suite de l’histoire : il ne pourrait tout bonnement pas. Il n’avait jamais pu et ne pourrait jamais. Preuve en était qu’il était là, meurtri sous mes coups, et moi intacte, si ce n’est cette main sanguinolente et quelque peu douloureuse. Si ce n’était pas un miracle. La première fois qu’il encaissait sans rendre le moindre coup. Autant en profiter. Mais la fatigue de la soirée aidant, je n’avais plus la force de bouger, plus la force de frapper.

    Je n’ai absolument aucun sentiment, Melany…

    Je fus décontenancée mais je n’en montrais rien, affichant ce masque d’impassibilité qui m’allait si bien. Et j’écoutais, consciente de chacune des parcelles de ma peau pouvant effleurer son corps. Ses doigts se resserrèrent contre ma gorge, je ne bougeais toujours pas. M’offrant à lui telle une provocation, le laissant faire, augmentant la pression comme il en avait envie. Je le laissais continuer à parler, attendant qu’il me livre enfin la réponse à ma question ; découvrant au fil et à mesure de ses paroles qu’il me donnait enfin quelques parties de la réponse. Je savais tout autant que lui qu’il ne pouvait me tuer. Est-ce que j’en profitais ? Peut-être, oui. Sûrement, pour rester à ses côtés, j’ai cru avoir l’assurance de pouvoir le garder grâce à ça et seulement ça. Une réflexion si enfantine, quand j’y pense. Comme si ça pouvait suffire. La pression contre ma gorge s’atténua, comme si je m’y attendais. Il prit ma main, la guida vers le couteau qu’il pointa machinalement contre sa gorge, acceptant son sort. Mais ça aurait été trop facile. Trop facile et tellement trop dur. Il continua, je restais immobile et silencieuse. Et du retenir mes larmes tandis que pour la première fois depuis trop longtemps il tentait de me décrire à quel point il pouvait… m’aimer. Un simple mot, le mot qui rend le plus fou des espoirs une réalité. Il m’aimait. J’esquissais un faible sourire, incapable de me retenir. Un sourire reflétant la plus grande des joies, joie pervertie pourtant par la trahison.

    On est deux, murmurais-je lorsqu’il évoqua le fait qu’il voulait changer l’histoire.

    Ca aurait été si simple. On le voulait tous les deux, mais sachant pertinemment que cette éventualité relevait de l’impossible, on allait devoir apprendre à vivre avec. Nous étions déjà deux enfants apprenant à vivre, faisant preuve d’une maladresse déconcertante voire touchante, s’il fallait ajouter à ça un immense sac de culpabilité à se traîner… On n’y arriverait jamais. Jamais l’un sans l’autre. Je ne sais à quel jeu cruel jouaient les dieux, mais ils étaient décidé à nous déchirer, nous heurter l’un à l’autre, nous poussant à nous aimer, nous haïr, et à nous aimer toujours plus profondément. Nous n’en finirions jamais avec la démence. Mais c’était ce qui nous caractérisait.
    Je repris mes esprits quand il lâcha la main. J’observais la lame scintillante sous la lumière violente du salon, brillante contre sa peau si pâle. Mais ne bougeait pas d’un pouce, n’augmentant aucunement la pression contre sa gorge. Il s’attendait à ce que j’ose enfin le faire ? Non… c’était trop facile.

    On sait l’un comme l’autre que j’en suis incapable, lâchai-je dans un souffle fataliste. C’était un fait, j’avais tenté, sur son invitation. A plusieurs reprises. J’avais presque réussi, plus qu’une fois, mais à chaque fois mon cœur s’en était mêlé ; au dernier moment j’avais renoncé. Inutile de retenter l’expérience, lui comme moi savions que je n’en serais pas capable, pas plus qu’il n’était capable de me donner la mort. On n'y pouvait rien. Et pourtant dieu sait combien il en avait envie. Une force paradoxale savait l’arrêter dans son élan, le ravissant dans ces moments où il me voyait en vie, mais frustrant en même temps le plus violent de ses désirs. Je lui empoisonnais la vie par ma simple existence mais le rendait heureux en même temps. Trouvez plus barges que nous.
    Je posais le couteau sur la table basse et me redressais doucement. M’abaissant au niveau du frigo, j’en ressortis un paquet de glaçons que j’emballais dans un torchon, prix un autre torchon propre que j’imbibais d’eau froide. Puis retournai vers Uriel, m’asseyant à ses côtés, le laissant allongée, moi assise près de sa taille. Lui mettant nonchalamment un coussin sous la nuque, je finis par poser doucement la glace sur son œil gonflé et sa lèvre boursoufflée. J’avais fait du beau travail pour une ex-compagne en colère. Un brouillon pour la psychopathe que j’étais.

    On ne peut pas continuer comme ça, Uriel. On ne fait que se détruire l’un l’autre, encore et encore ; mais c’est nous. On est comme ça et on n’y peut rien, c’est notre façon de nous attacher l’un à l’autre. Je soupirais, ris vaguement en détournant le regard. Je savais trop bien que je ne pourrais pas continuer à parler, dire ce que j’avais à dire en le regardant en face. Chaque minute, chaque instant, c’est un moment que je déteste pour la simple raison que tu n’es pas là.

    Je restai silencieuse, incapable de continuer. je ne pouvais pas lui dire ce que j'avais sur le coeur. Comment lui décrire tout ce que je ressentais ? Chaque réveil était une torture parce qu’elle m’éloignait toujours plus de lui. Chaque jour était un nouveau supplice à endurer, le voyant partout, espérant inconsciemment le croiser au détour d’une rue. Il m’avait changée, c’était lui qui m’avait rendu le sourire, qui m’avait fait plus mure, mature, mais détruite à la fois. Je ne pouvais pas trouver les mots pour décrire, ça me semblait impossible. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y en avait pas peut-être. Je tournais la tête vers Uriel, l’observais une seconde et glissa ma main vers la poche de glace couvrant ses lèvres abîmées par mes poings. Le sang ne coulait presque plus… Je me baissais doucement, sentant son parfum m’embaumer les sens, puis effleurai légèrement ses lèvres. A peine un frôlement. A peine un contact avant que je ne m’écarte tout aussi doucement.

    Pourquoi est-ce que tu es venu ici ? Pourquoi maintenant, après tout ce temps ? Pourquoi est-ce que tu ne m’as pas retenue, Uriel ? Chaque jour qui passait à infecté un peu plus la blessure et…

    … et si on n’arrivait pas la soigner ? Et si ç’avait signé la fin de notre histoire, de notre folie aussi bien que de notre passion démesurée ? Je n’avais pas envie d’imaginer ça, je ne pouvais pas. Au fond de moi, une petite voix hurlait qu’elle avait la réponse : ça ne pouvait pas s’arrêter. Nous étions faits l’un pour l’autre, purement et simplement. On se tuait, mais c’était bel et bien ce qui nous définissait, je me trompe ? Fermant les paupières, je m’installais contre lui, allongée, profitant de sa présence. J’arriverais sûrement à oublier le temps de quelques heures ce qui c’était passé, juste pour réparer un peu mon cœur trop malade. " Je t'aime et je n'y peux rien, Uriel. Je ne sais plus quoi faire..."
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MessageSujet: Re: D'amour et de sang [PV]   Mar 6 Nov - 17:08

« Je n'ai été qu'un con. »

Le regard d'Uriel tremblait alors qu'il la regardait de toute l'intensité dont il était capable. Il se demandait comment un avait put lui faire une chose pareille. Elle qui était la perle parmi les perles. Une perle noir irisée, aux couleurs changeantes, uniques, rare. Il avait été aveugle et stupide. Comme Midas, incapable de contrôler sa soif de richesses. Mais maintenant il ne savait. Elle était le seul trésor dont il avait besoin. Elle était faite pour lui et lui pour elle comme deux moitiés d'un même ensemble. Leurs âmes étaient déchirées, rompues, mais chacun compensait les faiblesses de l'autre. Il y avait une compréhension mutuelle, une espèce d'accord silencieux. La violence de leurs actes n'avait de comparable que la violence de leur sentiments.

Mais comme on dit l'amour rend aveugle, et pas toujours dans le sens que l'on croit. On dit aussi que l'on ne découvre la valeur des choses que lorsqu'on les a perdu. Uriel croyait être maitre de lui même, il pensait que Melany n'était pas à ce point indispensable à son équilibre. Il l'aimait passionnément, mais il fut assez crédule pour croire que cet amour ne lui était pas indispensable. Il était fâché contre elle, refusait de la comprendre, d'être patient. Il agissait comme il avait toujours agit. En se croyant plus fort que tout le reste. Malheureusement il n'était pas assez fort pour ça. En partant, Melany emporta un bout de son âme avec elle. Il n'avait été qu'un con, il le sut dès l'instant où il vit cette lueur dans ses yeux. Il avait beau avoir bu ce soir là, être plus saoul qu'il ne l'avait jamais été, il gardait des souvenirs précis de la dispute qui avait eut lieu. Elle était restée gravée dans sa mémoire et ce souvenir le hantait jour après jour jusqu'à maintenant.

Et désormais elle était là, lui avouant qu'elle en avait souffert elle aussi. Uriel savait qu'elle en avait sans doute souffert plus que lui. Elle lui avait pardonné d'avoir essayé de la tuer, mais cette faute-ci était bien plus grave que tout ce qui avait pu leur arriver depuis leur rencontre. Il lui avait planté un poignard en plein cœur déchiré tout ce en quoi elle avait pu croire. Il avait piétiné sa confiance. Est-ce que quelqu'un avait pu lui faire confiance un jour? Il n'avait jamais été là pour qui que ce soit. Agissant pour lui et pour lui seul. Mais avec Melany c'était différent. À ses côtés il avait envie de partager quelque chose avec elle. Il ne voulait plus être lui seul, il voulaient qu'ils soient deux, s'appartenir l'un à l'autre. Mais peut-être était-ce trop tard. Peut être avait-il détruit la seule chance qui lui été offerte.

« Je suis venu ici pour te récupérer. Pendant tout ce temps j'ai essayé de t'oublier, parce que je savait que ce que j'avais fait était irréparable. Je savais à quel point tu devait me détester, je pensait qu'il fallait que je l'accepte. Mais aujourd'hui je me dit que ce n'est peut-être pas impardonnable. » Son regard se durcit. « Si je suis venu c'est pour me battre, me battre pour toi. Parce que oui, je sais faire que ça : me battre. »

Uriel n'avait jamais été très expressif. Il n'avait jamais aimé s'étaler sur ce qu'il ressentait ou ce qu'il pensait, même étant jeune. Il n'y avait que durant ses crises psychotiques qu'il déblatérait volontiers toutes sortes d'inepties. Mais en cet instant il ne pouvait plus arrêter le flot continu de ses paroles. Peut-être était-ce l'alcool, ou peut être sentait-il simplement qu'il devait parler. Que c'était l'instant ou jamais. La plais suintante était sur le moins de se nécroser et s'il ne voulait pas que leur relation meurt il devait à tout prit recoudre, essayer de réparer ce qu'il avait fait. Uriel était ce genre d'hommes qui pensent que les paroles ne résolvent que rarement les choses, il aimait mieux agir. Mais dans le cas présent les mots étaient sa dernière arme, l'ultime moyen pour apaiser Melany, pour obtenir le pardon.

« Je ne supporte plus l'idée de passer une seule seconde sans toi. Avant je n'était qu'un tueur psychopathe qui tuait des femmes dans le but d'atténuer sa culpabilité. À chaque fois je ne faisait que revivre encore et encore le même meurtre, inlassablement. C'était comme boire verre d'eau après verre d'eau sans que jamais la soif ne s'éteigne. Mais toi Melany tu m'a libérée de mes souvenirs. Tuer n'a plus de sens, tu me rend meilleur...et à la fois infiniment pire. J'ai envie de toi comme le tueur que je suis. Je rêverait de te tuer parce que tu es la chose la plus parfaite que j'ai vu de ma vie. Mais je ne peut pas te tuer car ta disparition signifierait ma mort. Ce que j'ai fait, la façon dont je t'ai trahie, je ne 'ai compris qu'après mais je m'était trompée d'envie. Je pensait te désirer physiquement, mais mon désir était bien plus macabre. Melany je t'aime, et c'est parce que je t'aime que je veux te tuer. »

Son cœur battait à toute allure, il avait l'impression qu'à tout instant il allait perforer sa cage thoracique et bondir hors de son corps. Ce qu'il venait de dire était le résultat d'une longue réflexion. Il avait eu du mal à comprendre ce qui se passait dans sa tête. Il n'avait jamais réfléchit à pourquoi il tuait, pourquoi ces femmes là. Il le savait inconsciemment, mais il n'y avait jamais réfléchit. Mais maintenant il savait. Il savait ce qu'il voulait, il savait quel genre de désir le poussait vers Melany. Il avait voulu la tuer non pas parce qu'elle lui rappelait une certaine femme de son passé, mais parce qu'elle lui rappelait une petite fille qu'il avait connu. Elle était fragile et blessée tout comme la fillette aux brulures de cigarettes. Mais elle était également semblable à lui-même. Elle avait su évoluer, se battre pour s'en sortir. Ces ressemblances le réconfortaient le rassuraient. Elle était celle qu'il voulait à tout prix tuer, mais également celle avec qui il se sentait le mieux. Il pouvait tout aussi bien avoir envie de la tuer, être excité à la seule pensée de son sang jaillissant hors de ses veines, et l'instant d'après avoir tout simplement envie de se lover contre elle et sentir sa main caresser ses cheveux. Avec elle son envie de tuer se retrouver exacerbée, mais en sa présence se manifestait également une autre envie. Celle de redevenir quelqu'un de normal. Une personne qui n'aspire qu'à la paix et au bonheur. Bien entendu tout cela était proscrit pour quelqu'un comme lui. Son esprit était instable, ses envies changeantes. Mais s'il y avait bien une envie qui semblait rester inchangée quoi qu'il arrive c'était son envie d'être auprès de Melany.
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