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 • Le chant des morts •

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MessageSujet: • Le chant des morts •   Sam 24 Mar - 13:20

    La jeune fille attendait l'arrivée de son métro, seule sur le quai silencieux en cette fin de soirée. Les affiches publicitaires montraient des gens souriants, bien habillés, bien maquillés, bien brushingués. Tout l'opposé du quartier où on se trouvait. En surface c'était la banlieue, les quartiers pauvres de Rosewood. Là où s'entassait la plèbe comme aimaient à le dire les gens de la haute société. Tous corrompus, ce n'était qu'ici qu'on trouvait un peu d'humanité, bien que le crime et la violence fassent parfois des ravages. Où que l'on aille il fallait se méfier, car il y a toujours quelqu'un caché dans l'ombre. Il surgit ans que la jeune fille s'en rende compte. Elle se balançait légèrement, tenant négligemment son sac, beaucoup trop. Ce fut un jeu d'enfant pour l'homme de le lui arracher des mains. Sous le choc elle tomba par terre, ne pouvant rien faire pour stopper le voleur qui 'enfuyait déjà en courant vers la sortie. Il monta les marches, disparu au détour d'un virage puis ses bruits de pas s'estompèrent....

      Le silence...


        Puis...


    Les néons grésillèrent lorsqu'il fit son apparition, l'air sembla se refroidir, se figer, le silence se fit plus pesant. Il en était toujours ainsi lorsque Dante Inferno apparaissait quelque part. Habillé aussi élégamment qu'à son habitude, sa fidèle Winchester calée sous le bras, il s'avançait de son pas nonchalant vers la jeune fille qui s'était relevée ente temps et le regardait avec de grand yeux. Après tout Dante Inferno n'était pas un homme comme les autres. Avec ses yeux vairons dont et son maquillage plus qu'étrange il y avait de quoi surprendre. Toujours fidèle à ses manières il tendit son sac à la jeune fille.

    -Bonsoir mademoiselle, voici votre sac. Que faites-vous seule en ces lieux à des heures pareille? La banlieue peut être dangereuse la nuit, en particulier dans le métro. Des dangers pires que des voleurs peuvent vous tomber dessus.

    Ses yeux se plissèrent en disant cela. Les souterrains de Rosewood cachaient bien des mystères si on en croyait les légendes urbaines. Dante faisait partie de ces personnes qui croyaient profondément à toutes ces légendes. Mais après tout il y avait matière à le croire lorsque des cris d'angoisse s'entendaient en provenance des profondeurs des sous terrains. Toute personne raisonnable disait que c'était le vent qui s'engouffrait dans les galeries du métro. Les adultes tels que J.M.Barrie les décrit dans Peter Pan. Hermétiques à toute la magie du monde. Il faut toujours garder une once d'enfance, car à vouloir tout normaliser, on se rend aveugle. Un courant d'air glacé parcouru la galerie où ils se trouvaient, amenant avec lui ces étranges voix que les sceptiques attribuent au vent, mais que Dante prend avec le plus grand sérieux. Jetant un oeil à l'obscurité du tunnel avec les sourcils froncés, il sembla éditer la question un instant avant de se tourner vers la jeune femme.

    -Excusez mon impolitesse, je me nomme Dante Inferno, pour vous servir. -Une brève inclinaison de la tête fit office de salut,de sa voix ne transparaissait cependant aucun émotion.-Mademoiselle, j'aimerais que vous me permettiez de vous escorter jusqu'à votre destination. Je voudrais vous savoir en sécurité du moins pour ce soir. Les rues ne sont pas sûres.

    Sur ces mots la rame de métro arriva, grinçante et cliquetante, son bruit d¡'enfer répercuté en un écho assourdissant. Il laissa la jeune fille monter d'abord puis il la suivi. La rame était vide, exception faite de l'homme allongé sur les sièges du fond qui cuvait son whisky d'après la bouteille qui roulait sous les sièges. Et le métro se mit en route, se balançant en son allure rapide, l'obscurité défilant de l'autre côté des vitres sur lesquelles se reflétaient leurs silhouettes leur donnant un aspect fantomatique, voir effrayant. Il formait un couple bien curieux. Dante semblait impassible cependant, il semblait perdu dans ses pensées, sans même cligner des yeux. Ses yeux froids et fixes étaient semblables à ceux d'un mort, son teint extrêmement pâle n'arrangeait rien. Souvent on avait fait cette comparaison à son propos. Dreamer était son surnom au sein des White Thorn, Dreamer parce qu'il semblait toujours être ailleurs, et parce que son étrange aspect lui donnait l'air d'être sorti tout droit d'un monde imaginaire. Pourtant il était bien là. Personne ne savait quelle était réellement l'histoire de Dante Inferno, ni même si c'était son véritable nom. Il semblait toujours avoir ses propres buts, même s'il était second d'une des plus grandes guildes de la ville. Pourtant il était là, assis dans un métro escortant une jeune fille qu'il ne connaissait ni d'éve ni d'adam, sa Winchester à portée de main.



Comment reprendre le cours de son ancienne vie,
comment continuer, lorsque dans son cœur on
commence à comprendre qu’on ne peut plus
retourner en arrière. Il y a des choses que
le temps ne peut cicatriser, des blessures si
profondes qu’elles se sont emparées de vous. _______________________________________________________


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MessageSujet: Re: • Le chant des morts •   Sam 24 Mar - 18:04

« Le soleil miroitait sur la haie de saules touffus. Soudain, le rideau d’arbres s’écarta, et elle apparut de l’autre côté du ruisseau.
C’était une femelle aurochs. Plus grande qu’un homme de haute taille. Pourvue de gigantesques cornes incurvées, propres à éviscérer un sanglier. »
    Anaëlle referma d’un coup sec le livre qu’elle venait de commencer, elle n’avait aucunement envie de lire un bouquin, elle aussi voulait partir à l’aventure, pourquoi il n’y avait que dans ces bouquins qu’elle pouvait voir des gens chasser des Aurochs qui faisaient trois fois leur taille ? Pourquoi pas elle ? C’était un peu injuste non ?
    Elle regarda à son tour par la fenêtre et y vu son propre soleil. Le sien ne miroitait pas de manière épique sur une haie de saules, le sien, le vrai, se couchait doucement en éclairant d’une lueur rouge-orangée le sol sous ses pieds nus.
    Elle se leva doucement du fauteuil sur lequel elle était confortablement installée et se traina jusque dans le jardin où un vieil homme était en train de s’affairer sur … sur quoi d’ailleurs ? Des tomates ? Peut-être des melons ?
    Boarf elle n’en savait rien, elle son truc c’était les fleurs et les haies, pas les légumes !

« Bon moi je décolle, j’ai pas trop envie de rentrer quand il fait nuit tu sais … »
    Il releva à peine la tête pour lui dire au revoir. Bon elle le savait qu’il ne fallait pas le déranger dans son jardin mais quand même, ça en était presque vexant !

    La jeune femme se perdit dans ses pensées, et avant de s’en rendre compte elle était déjà sur le quai du métro à rêvasser en attendant le prochain. Lorsque tout à coup elle ne savait pas pourquoi, ni comment, ni d’où ni … enfin vous voyez quoi, elle se retrouva les fesses par terre en train de regarder quelqu’un partir en courant avec son sac, le temps qu’elle se relève il était déjà loin, elle n’essaya même pas de lui courir après.

    Cependant quelques secondes après s’être demandée si courir après un livre, quelques menue monnaie et un paquet de gâteaux –même si le livre était vachement bien- en valait vraiment la peine, quelqu’un apparu avec ledit sac dans les mains.
    Enfin quelqu’un … Etait-ce vraiment un homme ? *haaan mauvaise langue*
    Quoi qu’il en soit, et quoi qu’il soit il faisait froid dans le dos de la jeune fille. Etait-ce à cause des néons que sa peau semblait si … blafarde ?
    Habituellement Anaëlle laissait le bénéfice du doute à chacun, sauf quand elle décidait que ce n’était pas son jour, mais là encore c’était une autre histoire. Mais là … cet homme, si on pouvait l’appeler ainsi lui faisait franchement froid dans le dos. Il lui tendit son sac, et elle hésita même à le prendre. Que lui devrait-elle en échange ? Puisqu’il y aurait surement un échange non, c’est comme ça que ça marchait, quelqu’un vous rend service et vous lui en êtes redevable.
    Elle finit par le saisir doucement en marmonnant un quasiment incompréhensible « merci » qu’il ne dut même pas entendre.

« Bonsoir mademoiselle, voici votre sac. Que faites-vous seule en ces lieux à des heures pareilles? La banlieue peut être dangereuse la nuit, en particulier dans le métro. Des dangers pires que des voleurs peuvent vous tomber dessus. »
    La jeune fille eu un mouvement de recul en entendant sa voix, elle se serait attendue à tout sauf à ça, puis un nouveau lorsqu’elle aperçut l’arme planquée sous son bras.
    Nan mais c’était quoi ce foutu bordel ? Elle se faisait voler son sac, et se le faisait ramener par un être venu d’outre-tombe, c’était à cause de ce qu’elle avait dit ?
    *Je retire, je retire tout, l’aventure c’est pas pour moi*
    Fit-elle-en priant silencieusement le ciel, promis plus jamais elle ne dirait qu’elle voulait connaître ce qu’elle n’avait pas, encore moins lorsqu’elle prenait le métro le même jour ! Déjà que cet endroit lui faisait froid dans le dos…
    Si jamais l’inconnu s’amusait à hurler un « bouh » elle se pisserait dessus, je le jure !

    Que faisait-elle seule ici et à cette heure ? Oh bien pas grand-chose, elle avait trainé pour venir –comme d’habitude- et s’était fait surprendre –pour ne pas changer- Mais ça, elle n’était pas sûre de vouloir le lui dire, elle accordait facilement sa confiance il faut le dire, mais avait un minimum d’instinct de survie, même s’il ne se manifestait pas toujours au bon moment.
    Quant aux dangers pires que les voleurs … elle ne tenait pas vraiment à y penser.

« Je euh … Je me suis … euh … je rêvait »
    Fit-elle timidement, sans pour autant quitter son regard, puisqu’elle n’y arrivait tout simplement pas, il semblait l’hypnotiser, en même temps il faut dire que croiser des yeux de couleur différente ça n’arrivait pas tous les jours !

    Après lui avoir donné son nom, ainsi que son prénom –décidément c’était une manie ici, tout le monde sortait son CV complet pour se présenter. Enfin d’un côté ça ne pouvait que la rassurer, elle pourrait donner son nom aux autorités en cas de besoin, à moins qu’il ne la tue avant …
    Enfin Bref.
    Après lui avoir sorti son CV je disais donc, il lui proposa de la raccompagner jusqu’à sa destination. Anaëlle hésita, serait-elle réellement en sureté avec lui comme il le prétendait ou plus en danger qu’autre chose ? Une chose était sûre, elle ne se ferait pas agresser par quelqu’un d’autre en sa compagnie, il semblait trop irréel pour cela.

    Elle n’eut pas le temps ni de réfléchir ni de dire quoi que ce soit, puisque le métro arriva dans un affreux bruit de ferraille comme il l’avait toujours fait soit dit en passant, elle monta dedans sans se poser la question de savoir s’il la suivait ou non.

« Je ne vais pas très loin t… euh … vous savez, je m’arrête en centre-ville… »
    Fit-elle vaguement, histoire de savoir s’il insisterait ou non.
    La jeune fille regarda autour d’elle, ils étaient presque seuls tous les deux, excepté un vieux soulard étalé plus loin, son regard se posa sur lui, mais il ne semblait pas être là avec elle, distant, ailleurs. C’est bien ce qu’elle pensait il venait d’un autre monde, ou alors il était fou et l’avait aidé en espérant qu’elle lui sauterait au cou armée d’un « Mon Héroooos »

    Anaëlle n’ayant jamais tenu sur ses jambes que par une force inconstante décida d’aller s’asseoir juste à côté, elle ne s’éloigna pas beaucoup espérant qu’il viendrait la rejoindre. Maintenant elle était embarquée dans l’aventure alors autant y aller jusqu’au bout.
    Elle ouvrit son sac fraichement récupéré et y plongea sa main pour en ressortir deux petits brownies, dont un qu’elle lui tendit.
    Décidément la mode était à proposer de la nourriture aux inconnus.

« Je euh … Moi c’est Anaëlle »
    Fit-elle pour attirer son attention, puisqu’il semblait largement perdu dans ses pensées.

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MessageSujet: Re: • Le chant des morts •   Mer 28 Mar - 22:42

Grinçant de son grincement habituel le métro se faufilait dans les entrailles de la terre. Cette terre encore gorgée du poison des antiques roses de la légende. Ce lieu avait toujours fasciné Dante, sans doute parce que son passé y était intimement lié. Il pouvait presque sentir le poison des roses, entendre battre le coeur de la ville, car la ville avait une âme il en était convaincu. Rosewood ne s'appelle pas comme ça pour rien, tout comme Dante ne s'appelait pas comme ça pour rien. Les noms ont toujours un sens ou presque. Donne-moi ton nom et je saurais qui tu es. La jeune fille aux cheveux bruns et au regard enchanteur alla s'asseoir non loin. Elle ne le fuyait pas ? Réaction anormale, état-ce donc quelqu'un d'anormal ? De particulier ? Lorsque l'on rêve c'est souvent de détails dont on se souviens et ce n'est pas pour rien que Dante s'appelait aussi Dreamer. Particulière était le détail qui attira à nouveau le regard du fantomatique individu sur la jeune fille. Il était de nature étourdie, aussi aurait-il pu ne pas lui adresser la parole durant le reste du parcours, l'accompagnant uniquement parce qu'il lui avait proposé, mais sans plus s'intéresser à elle que ça. Il était un homme de parole, mais son inexpressivité apparente était en fait totale. Il y avait peu de gens qui comptaient pour Dreamer tout comme Dreamer comptait pour assez peu de gens.

    Brownie.

      -Moi c’est Annaëlle.

        Des yeux vairons se tournant vers elle.


Il la fixa pendant un long moment. Sans ciller, comme il en avait la désagréable habitude. Ghost aurait sans doute mieux convenu comme surnom pour cet étrange personnage, mais Dreamer était celui qu'on lui avait donné. Encore une fois les néons grésillèrent, plus intensément cette fois, les laissant par moments dans le noir total. Et pendant un de ces moments d'obscurité totale Dreamer disparu. Il était désormais tranquillement assis à côté de la jeune femme. Il se tenait droit, de façon assez peu naturelle, mais rien n'était naturel chez lui de toutes manières. Il ne semblait pas même avoir vu ce que lui tendait Anaëlle et s'il l'avait vu il ne semblait en tout cas pas y prêter la moindre attention. Certains membres de White Thorne prétendaient qu'il ne mangeait jamais, ce qui est absurde bien entendu. Mais il faut dire que Dante se prêtait bien à ce genre de racontars avec son attitude décalée et son maquillage totalement assumé. Il se décida finalement à ouvrir sa bouche lourdement rougeàlèvreisée.

-Annaëlle n’est-ce pas ? Ce mot vient du mot hébreu signifiant grâce. Vu comment vous êtes tombées tout à l’heure je ne pense pas que cela fasse référence à la grâce physique. Vous vous êtes assise car vous ne teniez pas bien debout dans le métro ce qui confirme la théorie. Mais cela ne rend la chose que plus intéressante.

À nouveau il la fixa de ses étranges yeux cernés de noir. Dante n’était pas un homme de nature à mâcher ses mots, sans pour autant qu’il ait voulu être vexant. Il disait les choses comme elles lui venaient, sans se poser de questions.

-En quoi êtes-vous donc gracieuse Annaëlle? Vous l’êtes forcement d’une façon ou d’une autre.

Il sembla réfléchir un instant, son regard se perdant à nouveau sur le reflet de la vitre. Des ris bougeaient rapidement de droit à gauche comme s’il pensait à quelque chose, finalement il les ferma, basculant la tête en arrière pour ne les rouvrir qu’à cet instant-là.

-Après tout peut-être ne le savez-vous pas vous-même. Il est difficile de se connaitre. Peut-être qu’Annaëlle n’est pas votre vrai nom. Celui qui vous correspond, je veux dire. Peut-être devriez-vous en choisir un nouveau.

Il la regarda à nouveau, adoptant une posture normale, lui adressant même un petit sourire.

-Ou alors vous pouvez faire confiance au destin et chercher en vous la raison pour laquelle ce nom vous a été donné. Ce pourrait être un peu comme votre quête personnelle. Croyez-vous au destin Annaëlle ?

Une sorte de flamme s’alluma au fond de ses yeux lorsqu’il lui posa la question. Dante était quelqu’un d’extraordinaire au sens propre du terme, et en tant que tel il était attiré parles personnes ayant ne serait-ce qu’une once d’extraordinarité. Il n’y avait rien qui exaspérait plus Dante que les personnes qui se croyaient trop adulte pour pouvoir se permettre de croire à l’incroyable. Si on ne croyait pas à ces événements surréalistes alors la vie n’avait aucun sens. En tout cas c’était son point de vue. Mais on ne peut nier que Dante était un homme qui avait vécu et vu beaucoup de choses que la plupart des gens ne voient jamais au court de leur vie. Aussi avait-il un petit avantage quand il s’agissait d’arriver à croire ce genre de choses.


Comment reprendre le cours de son ancienne vie,
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MessageSujet: Re: • Le chant des morts •   Jeu 29 Mar - 13:07

    Les yeux de Dante Inferno –Elle ne pouvait pas dire uniquement Dante, elle ne pouvait donc non plus le penser. C’était trop étrange, et ça ne mettrait pas assez de distance entre eux, ce n’est pas parce qu’elle n’était pas allez s’asseoir loi, ou parce que finalement elle lui avait adressé la parole, qu’elle le trouvait moins bizarre, ou moins flippant, au contraire, plus il lui parlait, plus elle se demandait pourquoi elle avait accepté d’être enfermée dans une cabine exigu comme un wagon de métro.
    Elle devenait claustrophobe dans le métro, elle devenait paranoïaque dans le métro, elle devenait donc beaucoup plus impressionnable qu’en temps normal, et déjà elle l’était en temps normal, Dieu qu’elle l’était.
    Anaëlle était en train de se demander quand il cesserait enfin de la fixer ainsi, ça la mettait très mal à l’aise, on aurait dit qu’il avait besoin de réfléchir pour assimiler ce qu’elle venait juste de lui dire : Son prénom, que faisait-il ? Essayait-il d’enregistrer sa tête, ou les sons que faisaient ce prénom quand il le disait ? Même si il n’y avait rien de plus étrange, les gens … différents semblaient tous faire ça.
    Pour en revenir à Earl par exemple la première fois qu’elle le lui avait donné, il avait dû le lui répéter au moins une dizaines de fois, à l’époque elle avait eu l’impression qu’il essayait d’apprendre à la jeune fille comment le dire ou un truc comme ça. Mais non il avait fini par lui expliquer qu’il était en train de gouter son prénom. Elle n’avait pas osé lui donner son nom de famille après ça.


« Anaëlle n’est-ce pas ? »

    Il avait enfin ouvert la bouche pour … ça ? Elle se demanda tout à coup si au lieu d’un fou ou d’un dangereux psychopathe elle n’avait pas tout simplement à faire à un débile profond. Quoi d’autre ? Il venait quand même de lui demander si c’était bien son prénom. Articulait elle si mal que ça ? Non elle en doutait, des tas de gens lui avaient dit qu’elle s’exprimerait parfaitement bien et devrait se mettre au théâtre. Evidemment ça ne la tentait pas car sa vie était déjà pour elle un théâtre ou il fallait jouer en permanence, une scène à ciel ouvert. Quoi de mieux ?
    Donc ce n’était pas ça, elle en revenait à la supposition débile profond ! La suite lui fit changer d’idée en un rien de temps.


« Ce mot vient du mot hébreu signifiant grâce. Vu comment vous êtes tombées tout à l’heure je ne pense pas que cela fasse référence à la grâce physique. Vous vous êtes assise car vous ne teniez pas bien debout dans le métro ce qui confirme la théorie. Mais cela ne rend la chose que plus intéressante. »

    Tout d’abord merci, sympa, il aurait aussi très bien pu dire qu’elle avait eu l’air d’un hippopotame atrophié de trois pattes et n’ayant plus qu’un œil, ça lui aurait fait le même effet .Bon bien sur elle le savait qu’elle n’était pas des plus stables sur ses jambes, mais tout dépend de la situation aussi, là c’est parce qu’elle était fatiguée, que ce n’était pas une question de vie ou de mort, parce qu’il était tard et tant d’autre explications fumeuses, elle aurait même pu avancer que c’est parce qu’elle lui faisait confiance, mais comme on dit il ne faut pas pousser mémé dans les orties, ça aurait fini par trop se voir !
    Ensuite comment savait-il cela ? Il était allé chercher ou la signification de son prénom ? C’était un ordinateur ce mec ou quoi ? Ou alors disait-il juste cela en espérant que ce soit juste ? Si c’était le cas il avait trouvé pile poil ce qu’il fallait ! Etrange !
    Un effet de son imagination, c’est ça qu’il était pensa t’elle en le regardant assis à côté d’elle. Elle ne l’avait même pas vu se déplacer, un instant avant il était debout, juste après il était assis à côté d’elle, un fantôme.

    Il lui sortit ensuite qu’elle devait changer de prénom, ou chercher en quoi elle était gracieuse, des trucs comme ça.
    Il était vraiment étrange cet homme. Déjà elle-même se demandait en quoi elle pouvait bien être adapté à la société, mais alors lui … On ne demande pas à des gens que l’on ne connait pas de changer de prénom juste parce que sa signification ne lui correspond pas, enfin pensait-elle, peut-être avait-elle loupé les cours de conduite en société à un moment important de sa vie ?


« Croyez-vous au destin Anaëlle? »

    Pourquoi avait-elle l’impression qu’il s’agissait là d’une question piège ? Il s’attendait surement à entendre un beau et grand OUI de sa part. Elle en était persuadée, sauf que … non ce n’était pas le cas. Elle avait peur de sa réaction, ne savait pas comment le dire, après tout elle ne le connaissait pas ce Dante Inferno.
    Pour elle il n’y avait pas de destin, juste une ramification de choix possibles faite par l’individu lui-même, si ça lui plaisait elle pourrait lui dire qu’il y avait plusieurs destins possibles pour elle et que nos choix nous guidaient vers l’un d’eux ! Non ça ne lui plaisait pas non plus, bien que son idée personnelle n’en soit pas loin.

    Elle ne supportait pas les gens qui parlaient de destin sans arrêt, de ces pauvres gens qui n’étaient pas capables de comprendre que la vie est ce que l’on en fait soit même, ces geignards qui reportaient leur malheur sur une sorte de force divine et inevitable…
    A la rigueur elle voulait bien admettre que parfois il pouvait y avoir de malheureux (ou bienheureux au choix) hasards, mais qu’on ne lui en demande pas plus, ou je fais un scandale !


« Non! C’est trop facile de se dire que quoi que l’on puisse faire, ça ne changeras rien à ce qui était prévu, le destin c’est pour les faibles et les envieux ! »

    Lui répondit-elle finalement, faisant fi de ses inquiétudes quant à sa réaction, elle n’avait rien à se reprocher après tout, et puis s’il avait posé la question c’est qu’il voulait la réponse non ?
    *Oh merci pour cette info, quel esprit de déduction admirable !*
    Le destin ne faisait pas pour elle partie des trucs magiquesde ce monde.
    Une simple invention de l’homme pour justifier ses échecs.

    C’était un peu comme Dieu au final. Pour elle ceux qui y croyaient n’étaient autre que des gens peut-être un peu trop inquiets ou prétentieux, qui ne supportent pas l’idée qu’une fois morts, ils soient tout simplement morts. Il leur fallait une espèce de carottes histoire de savoir s’ils devaient par exemple bien se conduire pour aller au paradis et non en enfer.
    L’enfer n’était pour elle qu’une idée propre à chacun. Elle s’imaginait bien quelqu’un de très à cheval sur l’apparence, le mode de vie etc qui se créerait son propre enfer en s’enfermant dans la peau d’une grosse vivant dans une poubelle, elle se punirait seule de ses mauvais actes.
    Pour Anaëlle il fallait être en accord avec ses actes un point c’est tout. Pas de regrets, pas d’enfer !

    Donc pas d’enfer, pas de Dieux pour la demoiselle, par contre la vie après la mort ça … oui !
    Mais ça n’avait aucun point commun, ce n’est pas parce que notre … comment peut-on dire ça ? Notre âme ? Oui âme.
    Donc ce n’est pas parce que notre âme ne s’envolait pas pour un quelconque Eden qu’elle n’existait pas !

    Ca y est, la jeune fille était repartie dans ses pensées. Il la faisait trop réfléchir pour qu’elle continue à s’inquiéter de sa présence non loin d’elle.

    Dante, pas le spectre à ses côtés, le poète Italien, si elle s’en souvenait bien croyait plus à la volonté personnelle qu’au destin.
    Si cet homme pensait réellement que les prénoms dictaient… non ! Correspondait à la personne qui le portait, peut-être était-ce parce que lui-même n’y croyait pas finalement ?


«Tu n’y crois pas non plus. »

    Fit-elle soudainement.
    Elle ne savait pas trop s’il s’agissait d’une question, ou d’une affirmation. C’est juste l’impression que ça lui faisait après avoir réfléchi à ce qu’il lui avait dit.
    Elle priait en silence pour ne pas s’être trop trompée. Ça serait dommage qu’en plus de lui avoir dit qu’elle ne possédait aucune grâce, il lui dise maintenant qu’elle n’avait pas non plus de capacités intellectuelles très élevées!
    Mais se tromper sur les gens faisait partie de sa vie quotidienne, et puis après tout on en apprend plus en se trompant régulièrement qu’en réussissant tout ce que l’on fait du premier coup.
    D’ailleurs elle avait remarqué que bien souvent les gens lorsque l’on se trompait sur eux nous donnaient plus d’explications que lorsque l’on tombait juste à leur propos. Puisque si on sait, on n’as pas besoin de savoir pourquoi, on sait c’est tout. Ceux qui ont la science infuse on leur apprend rien, et ne veulent d’ailleurs rien apprendre, ils se reposent sur leur acquis. Elle tout ce qu’elle faisait infuser, c’était des sachets de thés !
    *Haha, bonne blague ! Attention, attention, je tente l’humour !*
    prêcher le faux pour savoir le vrai, une merveilleuse technique non ?

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MessageSujet: Re: • Le chant des morts •   Sam 12 Mai - 19:03

Grinçant et brinqueballant le métro poursuivit sa route. Et même si Dante semblait avoir prêté attention aux dires de la jeune femme, il ne répondit rien. Après l'avoir fixé de ses yeux vides pendant un instant, il finit par laisser errer son regard, ne s'attachant à rien de particulier. En réalité il réfléchissait à ce qu'elle venait de dire. Le destin était quelque chose de poétique et d'attirant certes, mais cela pouvait être également une illusion dans laquelle il ne fallait pas se laisser piéger. Pourtant c'était un mot qui revenait souvent dans son discours. Et il était le premier à savoir qu'il valait mieux ne pas remettre en question ce qu'elle disait. Mais peut-être n'était-ce valable que pour lui et les quelques autres qui étaient dans sa même condition...

-Tu n'y crois pas non plus.

Ces paroles sorties de nulle part, alors que Dante commençait à oublier la présence d'Annaëlle, le frappèrent comme seule la vérité peut le faire. Beaucoup sont ceux qui sous-estiment la puissance des mots, pourtant personne ne devrait le faire. Les mots peuvent changer une personne, une vie. Ils peuvent créer la joie comme le malheur ainsi que mille et un récits. Pourtant les paroles d'Anaëlle avaient le poids de ces vérités que l'on énonce sous le ton de la supposition, mais qui frappent dans le mille. Oui elle avait raison à propos de lui.

-Le destin n'est peut-être pas écrit, ce n'est peut-être pas quelque chose de réel. Mais quelques fois des entités supérieures décident à notre place de ce qui va nous arriver et nous n'y pouvons rien.

Un éclair malicieux traversa son regard. Furtif et éphémère, mais bien visible pour un oeil attentif. Il savait de quoi il parlait, mais n'avait pas la moindre intention de dévoiler quoi que ce soit. Comme toujours Dante restait mystérieux à propos de lui-même. Même au sein des White Thorn son histoire et ses motivations restaient un mystère.

-Vous feriez bien de vous en souvenir jeune fille. Vous n'habitez pas une ville comme les autres. Ici tout n'est pas ce qui semble être.

Le rame freina enfin et en s'arrêtant, l'homme ivre tomba de son siège, sans même s'en rendre compte. Ils étaient arrivés à destination. Du fin fond des tunnels s'entendaient faiblement ces cris de désespoir dont parlent les légendes et que la plupart des habitants de la ville attribuaient au vent. Dante fronça les sourcils. Il ne prenait pas ces histoires-là à la légère. Posant sa main sur l'épaule d'Annaëlle, il l'entraîna avec lui vers la sortie.

-Nous ferions mieux de rejoindre la surface au plus vite. Il vaut mieux ne pas trainer trop longtemps en ces lieux la nuit.

*
* *

Le ciel était noir lorsqu'ils débouchèrent enfin dans les rues bondées du centre-ville. L'éclairage de la ville empêchait d'apercevoir ne serait-ce qu'une étoile. Il fallait bien aller jusqu'au plus profond de la banlieue si on voulait apercevoir quelques étoiles. Mais ici en centre-ville il y avait toujours trop de lumière pour ça. Mais ce n'était pas la seule chose qui abondaient dans les rues de Rosewood. Il y avait également beaucoup de monde, bien trop de monde. La nuit à Rosewood était toujours des plus agitées. Tournant son regard vers la jeune femme, lui souriant d'un air courtois, il n'avait plus qu'une chose à lui demander.

-Et bien mademoiselle, c'est à vous de me guider à partir d'ici. Non non, ce n'est pas la peine d'essayer de m'en dissuader. Je vous ai dit que je vous accompagnais alors je vous accompagne!

La réalité était qu'il y avait plusieurs membres des Black Wild Dollaras dans cette foule, dont ce rouquin dont il avait entendu des histoires abominables. Il jouissait également d'une réputation de pervers, raison pour laquelle il préférait accompagner Annaëlle. Il savait à quel point cet individu pouvait être dangereux. Par chance ils étaient lui et sa bande bien trop ivres et bien trop occupés avec leurs accompagnatrices aux airs de catins pour les remarquer.


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: • Le chant des morts •   Sam 16 Juin - 17:41

    L’intervention d’Anaëlle parut le surprendre, comme s’il ne s’était pas attendu à ce qu’elle parle, ou plus précisément comme s’il ne s’était pas attendu à ce qu’elle dise quelque chose dans ce genre-là !
    Le fait de comprendre qu’elle n’avait pas eu tort fit flotter un sourire sur son visage, voilà maintenant elle pourrait dire à tout le monde qu’elle était une merveilleuse psychologue, qu’elle décryptait exactement ce à quoi les gens pensaient et … il faudrait qu’elle se rachète des chaussures et qu’elle arrête de porter des bottes car ses chevilles n’y rentreraient surement plus d’ici peu de temps !


« Le destin n'est peut-être pas écrit, ce n'est peut-être pas quelque chose de réel. Mais quelques fois des entités supérieures décident à notre place de ce qui va nous arriver et nous n'y pouvons rien. »

    Elle avait l’impression de se retrouver face à un de ces catholiques qui cherchait tout de même à se rassurer en évoquant Dieu et tout le toutim. Enfin il faut dire qu’elle n’était pas loin du genre car elle avait beau ne pas croire à tout ça, quand quelque chose se passait mal il fallait absolument qu’elle-même rejette la faute sur quelqu’un ou plutôt quelque chose. Il faut croire que c’est dans la nature humaine de se chercher des excuses tout compte fait !
    Mais pour ce qui est de décider à notre place … A part sa mère personne n’avait jamais décidé à sa place selon elle. C’est bien le propre de l’homme d’avoir son libre arbitre, c’est ce que chacun cherche à obtenir au final. Pouvoir décider par soi-même, ne pas être obligé de faire quelque chose juste parce que quelqu’un nous a dit, obligé, forcé, incité à le faire.
    Il fallait qu’elle arrête là, ça commençait à faire beaucoup de quelqu’un et de quelque chose, elle-même commençait à se perdre dans ses propres idées.

    Cependant elle acquiesça aux paroles de son compagnon, avec un temps de retard peut-être, mais elle n’avait pas envie de le contredire ; Chacun est libre de ses croyances tout de même !


« Vous feriez bien de vous en souvenir jeune fille. Vous n'habitez pas une ville comme les autres. Ici tout n'est pas ce qui semble être. »

    Pour ça ce n’est pas elle qui le contredirait. Même si la plupart du temps elle en était sûre, c’est son imagination qui se jouait d’elle il se passait des trucs étranges, et Earl n’était pas là pour lui sortir ces idées de la tête !

    Elle entendit soudain le sifflement caractéristique du train qui freine, ils étaient arrivés à destination. Elle devrait descendre de la rame, et serait suivie par son étrange acolyte. Le pauvre sans abris assis un peu plus loin tomba de son siège et les portes s’ouvrirent.
    Dante Inferno, comme il lui avait dit qu’il s’appelait – bien que ce nom paraisse un peu étrange – ajouta qu’il ne fallait pas trainer ici la nuit.
    A ce sujet là non plus elle ne l’aurait pas contredit, elle n’aimait pas non plus y trainer le jour d’ailleurs, mais ça, ça devait être une question de paranoïa ou de dérèglement psychologique comme elle aimait à le dire.

    Anaëlle prit une grande bouffée d’air frais lorsqu’ils virent enfin le jour, enfin … façon de parler ! Le ciel était d’un noir sombre et les rues étaient bondées, mais c’était largement préférable à ce qu’ils venaient de quitter !

    « A vous de me guider » lui dit-elle, et il rajouta qu’il ne s’en laisserait pas dissuader.

    Dommage …

    Oh ce n’est pas qu’elle veuille s’en débarrasser … enfin … en fait si ! Elle avait été contente qu’il veuille bien rester à ses côtés dans le métro, mais elle aurait été tout aussi contente s’il c’était agit d’un meurtrier qui viendrait de liquider son père et trois passantes devant ses yeux ! Rien n’était pire que d’être seule dans ce monstre de ferraille !
    Et puis que devrait-elle faire une fois qu’ils seraient arrivés chez elle ?
    Elle n’en savait fichtrement rien, ce n’était pas dans ses habitudes. Elle ne pourrait décemment pas lui dire « [i]Bon bah voilà je suis arrivée, allez casse-toi maintenant ! » mais elle ne pourrait pas non plus l’inviter à prendre un café si ?


« Que vas-tu faire une fois que je serais arrivée chez moi ? »

    Lui demanda-t-elle avant de se mettre en marche. S’il lui disait qu’il l’accompagnerait jusque chez elle, et veillerait sur son palier toute la nuit, il serait encore temps pour elle de prendre ses jambes à son cou et de se perdre dans la masse quasiment compacte que formait la foule ! Jamais il ne pourrait la retrouver là-dedans, enfin elle l’espérait en tout cas !

    A présent elle s’en voulait de ne pas lui avoir demandé avant, ou de ne pas avoir alimenté plus que ça la conversation, elle aurait peut-être pu y trouver une faille ?


« Qu’est-ce que cette ville a de différente des autres ? »

    Lui demanda-t-elle tout en prenant le chemin de chez elle. Parler la rassurait, enfin entendre parler plutôt, elle-même n’était pas très à l’aise dans une conversation. C’est pourquoi elle préférait se balader en groupe. Sortir une banalité de temps en temps, ou donner son avis à la volée était beaucoup moins angoissant !


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