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 Morgan Keith • Viper [U.C.]

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MessageSujet: Morgan Keith • Viper [U.C.]   Ven 28 Oct - 13:36

Welcome to Rosewood City

Morgan Keith
ft.Gackt

The dogs of war won't negociate, the dogs of war don't capitulate.
(Pink Floyd)



Âge :
20 ans.
Groupe :
Black Wild Dollaras.
Métier :
Tenancier du Snake Ring.
Statut Civil :
Célibataire.
Sexualité :
Bisexuel.



Caractère


"So many people walk around with a meaningless life. They seem half-asleep, even when they're busy doing things they think are important. This is because they're chasing the wrong things. The way you get meaning into your life is to devote yourself to loving others, devote yourself to your community around you, and devote yourself to creating something that gives you purpose and meaning.” (Morrie Schwartz)

Me dévouer à quelqu’un ou à quelque chose qui me donne un but, une identité. Je suis le genre de personne qui a besoin de ça pour se sentir exister. Je ne suis pas dépressif, asocial ou quoi, au contraire. J’aime rencontrer des gens, vivre de nouvelles expériences, je suis optimiste, déterminé, extraverti, curieux et j’aime la vie. Seulement pour me sentir vivant j’ai besoin de vivre pour autre chose que moi-même. Je suis incapable de me dévouer à ma propre personne. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, c’est comme ça. Les traits de caractère tels que l’égoïsme ou le narcissisme me sont donc parfaitement étrangers. Quand j’étais gamin certains prenaient mon comportement en pitié, d’autres me comparaient à un parasite, dépendant des gens. Je ne suis capable de me sentir existant qu’au travers du regard d’autrui. Mais moi je ne trouve pas ça pathétique, c’est comme ça que je suis et ça ne me pose pas de réels problèmes. De toute façon je suis incapable de me juger : il y a toujours eu une distance entre ma vie et moi, comme si elle ne me concernait pas vraiment. Je préfère me dévouer à celle des autres.
C’est ce détachement qui fait que je n’ai jamais eu de mal à prêter mon corps à ces hommes et à ces femmes, à le malmener durant les mêlées et en ressortir couvert de bleus ou d’entailles. Je ne suis pas obsédé par le sexe ni masochiste, hein. C’est juste que j’ai une relation parfaitement neutre avec moi-même, je ne ressens pas de honte et aucune conscience n’est là pour me dire que je ne devrais pas faire ces choses-là. On pourrait dire que je n’ai pas d’estime de moi-même dans le sens que je n’ai que très peu de principes et qu’ils ne concernent que peu de choses. Je reste donc neutre vis-à-vis de tout le reste.

Parmi ces quelques principes se trouve celui d’éviter de faire du mal aux autres. Je crois aux notions de personnes « fondamentalement mauvaises » ou « fondamentalement bonnes » et je pense faire partie du deuxième groupe. Je ne suis pas non plus du genre rancunier et je n’arrive pas à détester les personnes qui me font du mal. La réalité c’est que quoi qu’on puisse me faire ça ne m’affecte pas. Cependant je suis tout à fait capable de haïr ceux qui font du tort aux personnes auxquelles je suis dévoué. Je sais que je peux faire preuve de violence et de haine envers ces gens là parce que c’est déjà arrivé ; venger les personnes que j’aime en me couvrant de sang, les protéger en tuant. Les ennemis de mes amis sont mes ennemis, ça résume la chose.

Alexy est de loin le meilleur exemple que je puisse donner pour illustrer ma dévotion. Je sais que je peux lui être aveuglément dévoué, je sais qu’il a réellement besoin de moi et c’est cette relation qui me rallie à mon existence ; je me sens vivant parce que je vis pour lui et le perdre serait comme me perdre moi-même. Je pourrais faire absolument n’importe quoi pour son bien.
Léon Kemesis a lui aussi su obtenir ma dévotion. Il m’avait dit que les Black Wild Dollaras seraient comme une seconde famille. A vrai dire, c’est la première et unique « famille » que je n’ai jamais eu ; mon père et ma mère étaient plus des étrangers que des parents à mes yeux. Ma vie a changé quand j’ai rejoins la guilde, ça n’avait plus rien à voir avec les gangs de rues ; avec les BWD j’avais une réelle identité, des principes à embrasser pour le bien du groupe, un but à suivre, une entité à laquelle me dévouer, des gens à aimer, à protéger : j’avais une nouvelle raison d’exister. J’AI une nouvelle raison d’exister. C’est vrai qu’en ce moment Rosewood City est secouée par des luttes inter-guildes, on ne peut pas vraiment dire que les temps soient calmes et nombreuses ont été les nuits à rester éveillé sous les lumières blafardes des lampadaires, vagabondant dans les rues, l’arme à la main. Je n’ai jamais autant joué avec la mort, je n’ai jamais autant eu peur pour ceux que j’aime ni senti l’énergie de la détermination et de la foi m’envahir ainsi. En fait, jamais je ne m’étais senti aussi vivant.
« J’aurais peut-être du être un chien, fidèle à son maitre, ou un objet qui n’existe que pour servir la personne qui en a besoin. » C’est ce que je me suis souvent dit. Quoiqu’il en soit j’ai trouvé ma place au sein des BWD et ce trait de caractère qui fait ma personne fait aussi de moi un des meilleurs membres de la guilde : au final je suis une sorte de chien de chasse, un objet se rapprochant de l’arme, obéissant à la voix de Leo et servant les besoins de la guilde et c’est parfait pour moi. J’existe. Pour de bon.


Histoire


15.1
Morgan était assis dans un fauteuil de cuir bordeaux en face de Léon. Cela faisait maintenant un peu plus d’une semaine qu’il avait rejoins le gang des Black Wild Dollaras, dont Léon – qui se faisait appeler Leo – était le chef. C’était le jeune homme de vingt ans qui était venu demander à Morgan d’intégrer les BWD, après l’avoir vu se battre durant l’une de ces mêlées de rue auxquelles beaucoup de jeunes participent. C’est vrai que le garçon aux cheveux noirs avait un certain talent pour le combat ; il était souple, rapide, attentif et maîtrisait ses armes, une paire de Snake fangs qu’il avait obtenu gratuitement mais de façon peu honnête chez un brocanteur aux penchants malsains. Leo offrit un verre de soda à sa nouvelle recrue et avala quelques gorgées de son propre verre avant d’entamer le questionnaire.

- Donc, tu as quinze ans c’est ça ? C’est jeune mais tu maîtrises pourtant très bien l’art du combat. Explique-moi un peu ce que tu faisais au milieu de cette mêlée.

Morgan prit son temps pour finir son verre, leva ses yeux gris vers Léon et répondit :

- Tu trouves peut-être que je suis jeune mais j’ai eu quinze années bien remplies. Les combats entre gangs j’en fais depuis que j’ai douze ans. C’est une sorte de passe-temps, y’a des gens qui s’inscrivent dans des clubs pour se battre nous on fait ça dans la rue. Puis y’a ce frisson avant chaque rencontre, le fait de savoir qu’on sera livré à nous même et qui nous pousse à se donner à fond qui me plait.
- Tu as déjà tué quelqu’un ?
- Non.

Leo se recula contre le dossier du siège, les jambes croisées.

- Qu’est ce qui a fait que tu as commencé à te battre à douze ans ?

Morgan réfléchit un instant.

- Je suppose que j’ai été influencé par le milieu dans lequel j’étais. J’avais des camarades de classe qui se disputaient souvent avec des gosses d’une autre école du quartier et un jour y’a eu une baston sur le grand parking à côté du collège et je me suis retrouvé au milieu. J’ai pas eu d’autre choix que de me battre et finalement j’ai réalisé que ça me plaisait. Depuis j’ai participé à des dizaines de combats de rues, rejoignant et affrontant des gangs de plus en plus forts. Si j’avais été dans une école privée comme Alexy j’aurais peut-être pas connu ça.
- Alexy c’est ton copain blond ? Celui avec qui tu traines tout le temps ?
- Oui. On est voisins et on se connait depuis tous petits. C’est un peu comme mon frère.

Léon esquissa un sourire.

- C’est marrant, vous avez l’air complètement différent.
- Bah… c’est vrai qu’on n’a pas forcément les mêmes intérêts. Les combats de gangs par exemple, il en a jamais fait. Puis il est dans une école privée, le collège St Wood, et ses parents n’étaient pas comme les miens. Héhé, il a eu une meilleure éducation que moi, on n’a pas été élevés de la même façon et pourtant c’est mon meilleur ami.
- T’as jamais essayé de l’initier à tes activités ?
- Non. Je… Je ne préfère pas. Participer aux combats et faire les autres choses douteuses qu’il m’arrive de faire ça n’engage que moi-même, j’assume les risques que je prends mais je ne veux pas qu’il arrive quelque chose à Alexy par ma faute. Si je me retrouve dans une mauvaise situation je me dirais que je l’aurais cherché mais si je l’ai entrainé avec moi je m’en voudrais.
- T’es du genre frère protecteur, hein ?
- Mhm…

Le jeune garçon détourna le regard et haussa les épaules.

- Ca a toujours été comme ça… Il est du genre timide et ferait pas de mal à une mouche. C’est à peine s’il ose tenir la main d’une fille, alors faut bien que je lui donne des petits coups de pouce des fois. Puis il est incapable de voir quand des gens lui veulent du mal…
- Alors c’est toi qui les attends au coin de la rue pour leur expliquer ce qu’il en est.

Morgan fronça les sourcils.

- Ouais ! Puis quand ses parents sont morts il y a deux ans j’étais là pour le soutenir. Il faisait comme sil était capable d’encaisser seul le choc mais je voyais bien qu’il avait besoin de quelqu’un. C’est normal… Puis je connais beaucoup de personnes mais à part lui je n’ai pas véritablement d’amis proches. Alors je suis content qu’il soit là pour moi aussi.


15.2
J’attends Alexy, assis sur les marches de pierre du petit jardin à une centaine de mètres de nos maisons. Il fait beau, c’est une bonne chose que le ciel soit dégagé aujourd’hui. Des pas sur le gravier me font me retourner pour apercevoir mon ami, un bouquet de dahlias blancs dans les bras. Je me lève.

- Hey, Mewmew.

Il m’adresse un sourire un peu triste et on commence à marcher en silence vers le grand parc. Comme d’habitude je regarde les champs qui s’étendent à perte de vue sur notre gauche, les maisons de la banlieue avec leurs petits jardins bordant notre droite. Le ciel est vraiment pâle à l’horizon, presque blanc et les champs de blé sur les collines font comme des dunes qui ondulent sous le vent. Seul un bosquet lointain de sapins vert sombre contraste avec la clarté du paysage. Je sais qu’aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres pour Mewmew. Il a les yeux rivés sur son bouquet de grosses fleurs blanches et marche sans vraiment regarder devant lui. On a l’habitude de cette route. Je pose ma main sur son épaule en jetant un regard accusateur aux quelques nuages qui viennent d’apparaitre au dessus des toits des maisons.

- Ca va aller.
- Oui…

C’est fou comme le temps passe vite quand même, emportant tant de choses sur son passage. Pourtant certaines ne changent jamais. Après toutes ces années on est toujours là, lui et moi, à marcher le long de ces champs qui semblent être les mêmes qu’il y a dix ans. Tout semble encore intact et j’ai parfois l’impression qu’on n’a jamais grandie. Pourtant des années sont passées, nos vies se sont déroulées. De nouvelles personnes les ont rejoints. D’autres les ont quittées. C’est comme ça.
Alexy pousse le petit portail au bout du chemin, que je referme ensuite derrière moi. Il fait plus frais ici, à cause des ombres des cyprès et des colonnes de pierre. On continue à avancer en silence à travers ce lieu, le vent bruissant dans les feuilles et portant des notes de chants d’oiseaux, jusqu’à ce qu’Alexy s’immobilise. Je m’arrête à côté de lui.

- Tu t’en souviens Morgan, on avait pleins de dahlias dans notre jardin.

Je lui souris.

- Oui.

Il m’adresse un regard puis s’avance à nouveau vers la stèle de marbre noir et y dépose le bouquet.

- Ce sont les blancs qu’ils préféraient.

Deux ans déjà qu’ils sont partis.
C’est fou comme le temps passe vite.


16.1

- Eh, Morgan !

Le garçon à la cicatrice s’approcha du lycéen et lui donna une tape amicale sur l’épaule.

- Y parait que t’as encore couché avec le type de la Terminale B.
- Ah, dis pas ça, on couche pas ensemble. Puis d’où tu tiens ça d’abord ?
- Mes sources.

Le lycéen aux cheveux noirs secoua la tête.

- Toi et tes sources…
- Tu devrais pas te donner gratuitement à lui comme ça. Si tu t’emmerdes dans ta vie y’a d’autres choses à faire tu sais.
- Peuh, c’est pas gratuit. J’obtiens des choses en retour. Tiens j’ai fait en sorte qu’il me prête sa voiture pour ce week-end, le coupé cabriolé gris. On pourra aller à la fête d’Eléa comme ça.
- Oh, cool. Tu sais conduire toi ?
- … ça passe. Puis pour les papiers j’ai toujours les faux qu’Adrian m’avait faits.

Les deux garçons passèrent le portail du lycée.

- Au fait Morgan, ça te dit pas de rejoindre le gang ?
- Bof, j’ai déjà un groupe en ce moment.
- Ah oui, les Black Wild Dollaras c’est ça ? Vous commencez à être connus comme gang dans la ville.
- On préfère utiliser le terme de « guilde ».
- Ouais bon, faut pas trop vous la péter non plus, je te mets minable quand tu veux.

Morgan sourit.

- T’es con, Ash. Aller, on se voit demain.
- C’est ça, à demain.

Le garçon remonta la rue les mains dans les poches et le sac pendant sur une de ses épaules.


16.2
Morgan et Alexy se trouvaient dans la chambre du blond, le premier allongé sur le lit en train de jouer à Tekken et le second assis à son bureau, penché sur des devoirs de littérature. Il posa son stylo et s’étira.

- Morgan, j’accepte.

Le brun lâcha sa console portable et s’assit sur le lit, un sourire illuminant son visage.

- C’est vrai, tu vas nous rejoindre ?!
- Oui. Tu utilises toujours tes Snake fangs ?
- Ouais, Leo m’a dit que je devrais toujours garder les mêmes partenaires de combat, j’ai même du leur trouver un nom. Black Adder. La Vipère noiiiire, conclu-t-il avec emphase.
- Et toi c’est Viper c’est ça ?
- Ahuh, parce que mes coups de Snake fangs sont aussi vifs que les morsures de la vipère ! Leo va me faire graver leur nom sur des petites plaques en or. Tu as une arme toi ?
- Haha, ben voyons. Eh bien…

Le garçon blond se baissa et attrapa un coffret métallique sous son bureau.

- … Je me suis procuré ça.

Il ouvrit la boîte et en sortit un révolver-papillon. Morgan se leva et s’empara de l’arme avec étonnement.

- Fuck, où tu l’as eu ?? Il est neuf en plus !

Alexy laissa le temps à son ami de s’émerveiller devant le revolver argenté aux décorations nacrées aussi léger qu’un couteau et lui répondit :

- C’est un gars de ma classe, genre le gros riche, qui me l’a donné parce qu’il en avait déjà « d’autres de bien meilleure qualité que celui-ci ». Puis il m’a dit que vu que je connaissais des gens comme toi peut-être que je pourrais établir le contacte pour qu’il vous revende des trucs…
- Il les revendra à d’autres, on n’a pas les moyens de s’acheter ce genre de chose. En tout cas c’est cool que t’en aies eu un gratuit, c’est une arme super cool. Il t’a filé des munitions ?
- Pas beaucoup.
- Faudra qu’on aille en acheter, Leo devrait savoir où en trouver. Puis il faut aussi que tu apprennes à le manier, c’est pas facile…

Morgan tenta de faire tournoyer le révolver-papillon dans ses mains comme il avait vu faire sur des vidéos mais le résultat ne fut guère convaincant.

- Bon. Viens faire une partie de Tekken avec moi, c’est un domaine que je maîtrise mieux.

Alexy attrapa sa PSP et les deux amis se lancèrent dans un combat virtuel.


16.3
J’ai pas Black Adder avec moi et pourtant je suis en plein milieu d’une mêlée. Mewmew m’avait dit que deux gangs de son lycée privé devait s’affronter aujourd’hui et j’avais entendu de mon côté que des gangs externes comptaient s’inviter à la fête. Du coup j’ai décidé de venir, au cas où. Je n’ai pas envie qu’il lui arrive quelque chose.
Je ne pensais pas que ceux du privé pouvaient être aussi violents. Leur avantage est qu’en général ils ont de quoi se payer de bonnes armes. Ca craint. Je le sens pas. La seule arme que j’ai pu trouver en chemin est une vieille barre de fer et j’entends déjà des coups de feu retentir dans la cour. Ca tombe vraiment mal. Leo a emmené Black Adder chez un graveur pour faire graver les plaques d’or mais le type n’a pas pu me les remettre à temps. Je regarde les gens autour de moi : l’avantage c’est que ce n’est pas difficile de différencier ceux du privé des autres, grâce à leurs uniformes. Certains ont juste l’air de personnes qui ont rejoint des gangs par curiosité, par ennui ou pour suivre la mode mais d’autres ont l’air réellement coriaces.

- Morgan !

Alexy arrive à mes côtés, un peu essoufflé.

- Faut qu’on se casse, ça va mal tourner. Ils ont vraiment l’air déterminés à détruire le groupe adverse et je pense qu’ils n’hésiteront pas à passer à tabac tous ceux qui ne sont pas des leurs.
- Je le pense aussi. On dégage Mewmew.

Ca aurait été simple. On aurait pu simplement partir, comme on venait de le dire, si je n’avais pas reconnu mon ancien groupe parmi les gangs extérieurs au lycée privé. Je fais signe à Alexy d’attendre et me dirige vers eux, la colère montant en moi.

- Bordel Ash ! Qu’est ce que vous foutez là ?!
- Yo Morgan, t’es venu nous donner un coup de main ?
- Mais…

Je commence à perdre mon sang froid, la tension est quasi palpable dans l’air. Ce n’est qu’une question de secondes avant que la mêlée ne passe à l’offensive.

- Pauvre con !! Tu réalises qu’ils ont des armes bien supérieures aux vôtres ?! Il doit bien y avoir une dizaine de révolvers-papillons, j’ai entendu plusieurs coups de fusil et j’ai même vu une fille avec un Flame-sword. Faut qu’on se casse.
- Relax man. On est là pour s’amuser, comme au bon vieux temps.
- FAUT QU’ON SE CASSE !!

Sa stupidité me tapait tellement sur les nerfs que je lui aurais mis un coup de poing, si plusieurs cris et coups de feu ne s’étaient pas mis à percer l’air. Ca commençait et on était toujours là, en plein milieu.

J’en ai fait des dizaines de combats de rue, mais ce n’était jamais plus d’un gang contre un autre. Là j’étais au beau milieu d’un mêlée réunissant au moins cinq groupes, armé d’une pauvre barre de fer et avec mon meilleur ami à protéger. Autant dire que je me sentais paumé et impuissant, d’autant plus que ni Alexy ni moi n’appartenions à aucun des gangs présents. Toutes les personnes autour de nous étaient donc des ennemis potentiels. Ressaisis-toi Morgan. Le premier combat que tu as fait sur le parking derrière le collège, souviens-toi, ce n’est pas si différent. Mes mains se serrèrent sur la barre de fer et je commençai à parer les coups et repousser les assaillants autour de moi. Des armes blanches, ça va encore. Il fallait juste éviter à tout prix les armes à feu.
Je continuais à défendre ma position, écrasant des doigts, réduisant des genoux et des chevilles en miettes, brisant des tibias en deux, tout en veillant sur Mewmew qui ne s’en sortait pas trop mal. Je me contentais de rendre mes adversaires inaptes au combat en fracturant leurs membres, sans jamais viser les points vitaux : mon but n’était pas de tuer, seulement de sortir indemne de ce chaos. Leo me l’avait pourtant dit les premiers jours : « Si tu te bats pour ta vie, bats-toi avec l’intention d’ôter celle de celui qui veut te nuire. Les combats pour la survie sont toujours des combats à mort. Il n’y a pas d’exception». Mais j’avais décidé de continuer à suivre mon principe : mettre les autres hors-jeu sans les tuer. Oui, j’ai toujours été fidèle à cette règle jusqu’à ce qu’elle arrête de ne concerner que ma propre vie. La fille asiatique, celle avec le tanto et l’uniforme du lycée, elle était beaucoup trop proche d’Alexy et son bras esquissait déjà une courbe dont l’aboutissement serait fatal. J’ai arrêté de réfléchir. Même ma respiration s’est mise en attente alors que mon corps s’élança pour parer le coup. La lame du tanto s’enfonça dans mon épaule mais la barre de fer s’incrusta dans la tête de la fille et fit exploser son crâne. Sa mâchoire se déboita alors que le sang gicla de son nez et que ses yeux se révulsèrent dans leurs orbites. Elle tomba lourdement par terre et un dernier spasme agita son corps déformé puis le sang s’écoula de son visage, sinuant abondamment entre les fragments d’os et les bouts de cerveau qui jonchaient le sol. L’image de sa mort se grava instantanément et de façon indélébile dans mon esprit.

- Merde… Morgan…

Alexy m’attrapa par la main et se mit à courir au travers des lignes ennemies que j’avais précédemment percées afin de fuir l’enfer qui ne demandait qu’à se refermer à nouveau sur nous. Je ne me souviens pas de la suite, il y a eu comme un blanc, une ellipse. Je me souviens seulement que j’étais ensuite assis sur le lit de Mewmew, que j’avais une chemise propre et qu’il me serrait contre lui.


16.4
Leo est passé me voir chez Mewmew dès qu’il a su ce qui c’était passé à St Wood. Il a convaincu la grand-mère d’Alexy de ne pas m’emmener à l’hôpital et de le laisser soigner ma blessure à l’épaule ici. Il dit que c’est plus sûr.

- Il y a eu sept morts durant la mêlée.
- Ah, la fille… j’ai… sa tête…

Mes mains tremblent et je revois l’image de son crâne explosant.

- Viper -
- Mais elle allait le tuer, j’ai pas réfléchis !
- Viper, y’avait pas à réfléchir, juste à agir. Tu n’as pas à avoir de remords, ton action fait que Dahlia est encore en vie aujourd’hui.

White Dahlia, c’est le surnom de Mewmew.

- Elle savait à quoi s’attendre en brandissant les armes ce jour-là. Je connaissais cette fille, elle n’était pas nouvelle dans le monde des gangs et crois moi, c’était loin d’être un ange. C’était elle ou lui. C’est comme ça que ça fonctionne.

Je comprends. Il ne s’agit plus de renvoyer les autres gamins chez eux avec des bleus pour remporter la victoire. On est passé à un autre niveau, un niveau où on n’a plus le droit à l’erreur.

- Leo, pourquoi tu fais attention à moi comme ça ?

Le jeune homme aux yeux verts parut surpris.

- Parce que nous appartenons à la même guilde, évidemment. Ce n’est plus comme les groupes que tu as connu, qu’on quitte et qu’on rejoint sans arrêt, qui ne sont jamais composés des mêmes personnes et dont on connait rarement tous les membres. Nous sommes une guilde. Considère les BWD comme ta seconde famille.

L’idée d’appartenir à une famille composée d’autres personnes comme moi me plaisait assez. Je sentais que quelque chose de nouveau allait commencer avec les Black Wild Dollaras, et pas seulement pour moi. Les mentalités changeaient au sein des gangs, les principes évoluaient et je savais que Léon y était pour quelque chose. Le visage de Rosewood City se métamorphosait et bientôt ses rues seraient chassées de tous ces petits gangs et seuls ceux capables de se dévouer à des familles telles que les guildes persisteront. On entrait dans une nouvelle ère.


17.1
Il referme la porte derrière lui et me fixe de ses yeux acajou.

- Tu veux toujours la marchandise ?
- Oui.

Je suis assis sur le lit, un peu anxieux.

- Bien.

Il s’avance vers le milieu de la pièce, se défait de sa veste aux emblèmes de St Wood et commence à déboutonner sa chemise. J’attends, sans vraiment oser le regarder.
Lloyd Léonis, de la Terminale AS1. Je le voyais souvent à la sortie du lycée quand je venais y rejoindre Alexy pour qu’on rentre ensemble. Il trainait la plupart du temps avec un groupe d’amis qu’il abandonnait de temps en temps pour faire ses affaires. Des petits sachets qu’il sortait de sa poche s’échangeaient contre des enveloppes qu’il glissait dans sa veste. C’était ça son business, la poudre blanche et ça avait l’air de plutôt bien marcher. Cela faisait déjà quelques temps que j’avais remarqué Lloyd et que je l’observais. Alexy s’en était aperçu et m’avait averti de son commerce avant de me faire jurer de ne jamais toucher à la drogue. Je lui avais donné ma parole, mais je ne pouvais pas m’empêcher de fixer Lloyd à chaque fois que je le voyais.

Il avance jusqu’au lit et m’allonge sur les draps puis se penche au dessus de moi. Je m’efforce de le regarder dans les yeux, ces yeux que les miens ont jusque là toujours fuit, mais mon cœur s’emballe. Il défait les boutons de ma chemise, lentement, fait glisser mes vêtements. Ses mains se posent sur moi, ses lèvres trouvent les miennes. Je ferme les yeux.

Je continuais à le voir à la sortie du lycée et peu à peu l’envie d’établir un contacte s’éveilla en moi pour finalement devenir, au fil des jours, une obsession latente. On m’avait dit qu’il ne fréquentait quasiment personne en dehors de son groupe d’amis et de ses clients. Ses clients… j’avais beau m’imaginer d’autres moyens, ça me paraissait au final être la seule façon d’arriver jusqu’à lui. J’allai donc trainer un après-midi où Alexy finissait tard aux portes du lycée privé. Lloyd était là et je lui fis comprendre ce que j’étais venu acheter. J’avais conscience que je n’aurais probablement pas la somme nécessaire pour le payer, mais il savait le genre de choses que je faisais et apparemment il n’acceptait pas que l’argent.
Il pourrait donc me voir une à deux fois par semaine, pendant deux mois.
Avant de venir lui parler je m’étais répété qu’au pire je trouverai bien un moyen de récolter la somme qu’il exigerait mais je crois… Je ne faisais que me voiler les yeux et je crois que je savais pertinemment ce qu’il me demanderait et que c’était ce que je voulais, plus que le drogue en elle-même.

Lloyd me maintient contre le matelas, son bras en travers de ma poitrine alors qu’il relève ma jambe de son autre main. Dehors un ciel de fin de journée commence à se teinter de nuages orangés que j’aperçois entre les légers rideaux que la brise agite doucement. Tout à l’air si calme. J’étouffe un cri. Ma première fois. Il me fait un peu mal mais le fait de savoir que c’est lui rend la douleur supportable et finalement la sensation devient agréable. Lloyd Léonis de la Terminale AS1… Sa main m'enlace et je ne peux retenir un gémissement. Son autre main glisse dans mes cheveux, je m’accroche à lui et lui présente ma bouche entrouverte pour y recevoir sa langue.

C’est la première fois que je tombe amoureux. J’ai toujours été trop occupé par les histoires de gangs ou avec Alexy. Mais je n’avais pas imaginé cela comme ça ; j’avais pensé que ce serait une autre personne, un autre contexte. A croire qu’on ne choisi pas vraiment ces choses-là.

La nuit tombe graduellement et un bleu profond commence à se diffuser dans le ciel. Je sens sa chaleur se répandre en moi et un frisson me parcourt la nuque alors que je jouis à mon tour. Je retombe contre le matelas et Lloyd reste quelques secondes penché au dessus de moi avant de se lever et de passer à la salle de bain. Je reste allongé, les yeux fixés sur les ombres des rideaux dansant sur le plafond, sentant l’air frais sur mon corps. Il revient, se rhabille et dépose un petit sachet à côté de moi puis s’en va sans rien dire et referme la porte derrière lui, me laissant nu sur le lit. Je tends la main pour attraper le petit paquet de drogue, l’observe quelques secondes et le jette sur un coin de mon bureau : j’ai promis de ne jamais toucher à cette merde.

J’attends seulement la semaine prochaine.


17.2 - 18.1
Ca a duré un peu plus d’un mois. Je l’ai aimé un peu plus d’un an. Lui ne m’a pas aimé une seule seconde. Ca fait mal de vouloir rester fidèle à quelqu’un qui ne veut pas de notre dévotion. J’aurais voulu exister pour lui, ça m’aurait plu. Mais le mois écoulé je ne l’ai plus vu qu’aux portes du lycée et je suis redevenu un parfait inconnu. Je me suis fait un peu d’argent en revendant la drogue et j’ai fini par passer à autre chose. Faut dire que y’avait du mouvement dans la guilde à cette époque là, alors ça m’a aidé. D’autant plus que Leo m’a nommé co-guildemaster suite à l’accomplissement de plusieurs missions dont j’avais la charge, certaines en duo avec Alexy ce qui lui a valu la promotion de Premier Lieutenant. Les choses ont bougé cette année là pour les Black Wild Dollaras, notamment lorsque Leo a mis la main sur le monopole du trafic d’armes de Rosewood. D’autres guildes ont aussi vu le jour, et les relations inter-guildes se sont propagées comme des ondes sur la surface d’un lac. En tant que co-gm j’avais pas mal d’affaires à gérer et petit à petit la désagréable sensation laissée par Lloyd a été remplacée par une certaine plénitude que m’offrait mon rôle au sein de la guilde et de la ville même. Leo m’a aussi offert un métier et un appartement à moi tout seul cette année là. J’ai donc déménagé au centre-ville, j’ai gouté à la vie là bas, à l’activité nocturne, j’ai rencontré des gens, construit des relations professionnelles, amicales et amoureuses et je suis devenu le tenancier d’un des bars de la guilde, le Snake Ring. J’ai parfois encore un peu de mal à comprendre pourquoi Leo m’a offert tout ça sans rien exiger en échange. Peut-être lui donnais-je déjà ce qu’il attendait de moi ? Quoiqu’il en soit c’est durant l’année de mes dix-huit ans que j’ai commencé à vraiment être connu à travers la ville entière sous l’appellation de la Vipère Noire des BWD. C’est à ce moment là que je me suis senti le plus vivant. Que j’ai existé au travers de centaines de regards.

[U.C]


Légendes urbaines ?


Y croire, ne pas y croire... Là n'est pas la question. Morgan se fiche d'avoir un avis sur ce sujet. Puis qu'importe ses croyances, il faut être bien orgueilleux pour oser penser que croire en quelque chose rende cette chose réelle et vice versa. Si ces légendes sont réelles alors il fera avec, dans le cas échéant il fera sans. Mais elles n'ont point besoin de son opinion à lui pour exister ou non.



Behind The Screen

Vous pouvez m'appeler : Demi.
Il semblerait que je sois : Un raton laveur. Mais c'est pas sûr.
Mon âge : 19 ans.
C'est ainsi que j'ai connu le forum : Gnignigni.
Ma présence à Rosewood : Le plus souvent possible.
DC : June D. Waltsky, Elliot I. Walker.
Code :

CODE BY DEMI



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MessageSujet: Re: Morgan Keith • Viper [U.C.]   Mar 15 Nov - 20:19

So, Who Wll Be Your Companion ?

Viper A♠

(Légende : A=Agilité E=Endurance F=Force P=Précision)

I am the viper crawling between your sheets, The red snake slithering in your veins, The black adder biting through your skin.



Nom:
Black Adder.
Type:
Arme blanche.
Modèle:
Snake fangs.
Stats:
A.30% E.20% F.30% P.20%



Description


L’arme Black Adder (Vipère Noire) de Morgan se compose de deux parties, l’une adaptée à la main droite et l’autre à la main gauche. Black Adder se présente sous forme de gants de cuir noir épais s’arrêtant en deçà des poignets et auquels sont accrochées trois lames en forme de « crocs de vipère » au niveau du pouce, de l’index et du majeure. En réalité, la forme ressemble assez à celle d’une désagrafeuse, les « crocs » étant plus marqués et plus aiguisés. Black Adder possède des lames damassées s’étendant le long des doigts et dont les crocs mesurent 4,5 centimètres ainsi qu’une petite plaque en or sur le dessus de la main sur laquelle est gravée « negrae vipera ». Les Snake fangs sont considérés comme des armes blanches ayant plus pour vocation d’arracher la chaire plutôt que de la trancher, infligeant des blessures irréversibles.

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MORGAN KEITH

Viper A♠
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Morgan Keith • Viper [U.C.]

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